Le fondateur de Drujok, agence de création de sites  e-commerce et de référencement naturel a répondu aux questions de Marketing Chine:

1/ Peux-tu te présenter ?

Bonjour Olivier, mon aventure chinoise a débuté en 2007, lorsque j’étais étudiant ingénieur des Mines d’Alès, et que j’ai eu l’opportunité de m’expatrier à Nanjing pour effectuer mon stage. J’ai très vite été séduit par l’énergie positive que dégageait l’empire du milieu et j’ai alors poursuivi mon parcours d’expatrié à Shanghai en tant que responsable d’agence, consultant informatique puis responsable d’un département web et web marketing. Fin 2013, j’ai fondé Drujok afin de me consacrer pleinement à ma passion et de répondre aux nombreuses demandes provenant de mes clients en termes de création de sites e-commerce et référencement naturel.

 

 

2/ Peux-tu présenter ta société ?

 

Le business model de Drujok repose sur un « groupement » de talents du web, tous indépendants (freelancers), expérimentés et ayant chacun un vrai domaine d’expertise qui lui est propre.

Nous sommes aujourd’hui 14 indépendants venant des 4 coins du monde, tous sélectionnés avec soin suivant des critères de « compétence » et « expérience » évidemment mais avant tout de « communication» et  de « réactivité ». Notre complémentarité nous permet de couvrir un large panel de prestations tels que la création de sites corporates, sites e-commerce, sites sur-mesure de type « plateformes web », applications web et mobiles, créations graphiques, production vidéos et référencement naturel.

 

Je suis en charge de la gestion et coordination des projets et intervient personnellement en tant que Consultant SEO pour les projets locaux et internationaux.

 

Notre devise « Notre focus : votre ROI », résume bien notre culture d’entreprise qui est avant tout de maximiser le retour sur investissement de nos clients en créant et optimisant leur présence sur le web afin qu’ils bénéficient au plus vite d’un retour sur investissement et d’une bonne visibilité sur la toile, inscrite sur le long terme.

 

 

3/ En quoi ta société est-elle différente des autres web Agency ?

 

La configuration de Drujok nous permet aujourd’hui de bénéficier à la fois :

 

– de tous les avantages d’une agence web classique qui sont « l’accès aux diverses compétences » d’une équipe d’ingénieurs et consultants expérimentés, le professionnalisme et la réactivité sur chacun des projets et la possibilité d’agrandir rapidement l’équipe afin de faire face à une grosse charge de travail.

 

– d’une proximité avec nos clients, grâce à notre présence sur de nombreux pays. Les 8 nationalités qui composent Drujok nous permettent également de nous adapter très rapidement à des projets d’envergure internationale grâce à nos connaissances linguistiques et culturelles variées.

 

– Et pour finir, d’un avantage considérable en termes de tarification, puisque nous facturons aux tarifs « freelancer » et non pas au tarif « Agence web », du fait que les charges sont moins élevées.

drujokweb

 

 

4/ Comment aujourd’hui trouves-tu tes clients ?

 

Dans un premier temps j’ai démarré tout seul, suite à plusieurs demandes de prospects et de clients sur des projets e-commerce et SEO. J’ai toujours suivi de très près les techniques de référencement ainsi que les évolutions des algorithmes de Google au fil des années et intervenais déjà pour des PME en tant que « coach » SEO depuis plusieurs années.

 

Au fil des mois et des projets, le bouche à oreille s’est installé et nous a permis de décrocher de plus en plus de projets locaux et internationaux. De plus, le référencement sur Google de nos sites internet et blogs, ainsi que notre groupe Linkedin, nous permet de générer régulièrement des prospects qualifiés et de décrocher ainsi de nouveaux contrats.

 

 

 

5/ Quels sont les marchés les plus porteurs en Chine ? Et pourquoi ?

 

– Le commerce de Luxe : tout simplement parce qu’il y a de plus en plus de gens riches en Chine (environ 1,5 million de millionnaires) et d’une manière générale la population dispose d’un revenu qui augmente au fil des années. Ici, l’apparence prend une place importante. L’activité préférée est le Shopping. Quand je dis « commerce de luxe », cela comprend le secteur de l’horlogerie, joaillerie, vins et spiritueux, parfumerie, cosmétique,… Les français sont très bien représentés dans la plupart de ces secteurs.

 

-Le E-commerce suit une croissance phénoménale. Cela est bien évidemment dû au fait que la Chine compte un grand nombre d’internautes, environ 650 millions et également un grand nombre de nouveaux utilisateurs de téléphones mobiles chaque année ; environ 150 millions par an dont 110 millions de nouveaux abonnés au service 3G.

 

– L’agroalimentaire : La sécurité alimentaire est un thème omniprésent en Chine, notamment suite aux nombreux scandales de ces dernières années. Les chinois, réputés pour être des consommateurs naturellement méfiants, font désormais davantage confiance aux produits alimentaires étrangers qu’aux produits locaux.

 

D’autre part, il y a un fort engouement chez la population chinoise pour les produits de consommation importés tels que le lait, fromage, viande et les produits BIO.

 

– Le tourisme : Il s’agit d’un secteur très porteur pour investir en Chine. Avec l’émancipation de la société chinoise, l’amélioration du niveau de vie et l’ouverture du pays au monde, Les chinois sont aujourd’hui la clientèle la plus prometteuse au monde. Le gouvernement Chinois souhaite également attirer de plus en plus de touristes étrangers en Chine, ce qui constitue un potentiel très important notamment du fait de l’immensité du territoire Chinois.

 

 

 

6/ Quels conseils donnerais-tu à un jeune arrivant en Chine ?

 

Contrairement à la France, la Chine est un pays qui donne très rapidement (parfois trop) des envies d’entreprendre, de créer et donc d’investir de son temps et de son argent dans l’élaboration de ses idées. Le piège classique est d’avoir trop d’idées et de ne pas se concentrer sur une seule activité. Beaucoup de jeunes entrepreneurs se « cassent les dents » en arrivant ici, en ne se canalisant pas sur une seule idée et en ayant aucune connaissance du marché chinois. Le risque étant de se lancer la tête la première en allant dans toutes les directions, de tourner en rond, de s’épuiser et de retomber de son nuage. Beaucoup arrivent ici, en pensant que c’est toujours l’Eldorado mais ils déchantent très vite.

 

Mes conseils seraient les suivants :

 

  1. Investir sur le marché chinois, quel que soit le domaine ou l’industrie, requiert d’investir de son temps afin de bien comprendre le marché local et d’en appréhender assez vite les tendances et les habitudes qui s’y appliquent. Pour réussir sur le marché chinois, aujourd’hui, il faut avoir soit une expertise qui offre une réelle valeur ajoutée, soit proposer un concept « unique » ou rare.

 

  1. Une fois cette fondation solide établie, il faut une bonne dose de relationnel, dit « Guanxi », qui consiste à constamment établir de nouveaux liens et les entretenir via la participation régulière à tout type d’évènements, y compris hors du travail. Le Guanxi est un élément essentiel en Chine et une grande partie des accords commerciaux se font au cours de repas d’affaires entre autres. Si vous n’êtes pas prêt à passer des soirées et week-ends à développer vos relations, il est préférable de ne pas investir en Chine.

 

  1. Enfin, l’apprentissage de la langue et de la culture chinoise sont primordiales afin d’atteindre un niveau de compréhension suffisant vous permettant d’éviter au maximum les incompréhensions dû à la barrière de la langue et de la culture. Ce point est crucial pour installer et maintenir une bonne cohésion en interne mais également avec les clients et partenaires. Sans cette compréhension, il est très facile de croire que tout va bien, que tout le monde travaille bien, qu’il n’y a aucun problème dans votre équipe ou chaîne de production ou encore que votre partenaire est d’accord avec vous sur toute la ligne. Les apparences sont souvent trompeuses au début. A l’opposé de la mentalité occidentale, la culture chinoise se base encore aujourd’hui sur un comportement d’ « harmonie » depuis l’ère Confucius. Pour résumer, soyez patients et prenez le temps d’être certain que votre interlocuteur chinois est bien en accord avec vous et que le message est bien passé. Prenez le temps également de vérifier que tout se passe bien dans votre équipe.

 

 

7/ Pourquoi as-tu choisi de lancer ta société ?

 

J’étais parti pour faire une carrière de cadre Ingénieur mais je me suis très vite rendu compte que j’avais envie d’entreprendre tout en exerçant ma passion. Le fait d’avoir eu beaucoup de demandes provenant de prospects et clients, n’a fait que renforcer ce choix.

 

8/ Quels sont tes plans de développement à N+3 et N+5 ?

 

Il est encore un peu tôt pour parler de plan de développement à N+3 ou N+5 étant donné que Drujok est né il y a tout juste un an, mais il est vrai que j’aimerais dans le court/moyen terme proposer des formations orientées SEO dans un premier temps, et élargir le panel par la suite si la demande y est.

 

J’ai également plusieurs projets de plateforme web qui pourraient fleurir.

 

 

9/ Quel est selon toi la meilleure des stratégies pour une agence web ?

 

La meilleure des « stratégies » est avant tout de comprendre le métier du client, en long et en large, afin d’en comprendre clairement le besoin et le résultat à atteindre. Seulement après cette compréhension, place au côté technique via une équipe composée d’une poignée de gens passionnés qui ont soif d’apprendre toujours plus et d’une autre poignée de gens très compétents et expérimentés qui adorent transmettre leur savoir. Une fois que l’équipe est enthousiaste et que les premiers clients sont satisfaits, il suffit de conserver cette « stratégie » le tout dans la joie et la bonne humeur.

 

 

 

 

10/ A Shanghai, quelles erreurs doit éviter un jeune entrepreneur?

 

  1. Arriver en terrain conquis: Shanghai n’est pas un « ELDORADO », il y a énormément de concurrence. Il est essentiel d’étudier soigneusement le marché avant de se lancer. Le but étant de savoir si l’offre ou concept que vous proposez est différent de celui des autres et répond bien à la demande locale. Il y aura déjà beaucoup de sociétés chinoises implantées ici qui connaissent nettement mieux le marché que vous, ainsi que des sociétés étrangères installées depuis un certain temps. Il est donc évident qu’un nouvel entrepreneur fraîchement débarqué à Shanghai part avec un handicap conséquent.

 

  1. Arriver sans rien dans les poches: Démarrer une activité à Shanghai revient très cher, contrairement aux idées reçues. Non seulement le coût des procédures administratives est parfois très élevé, notamment pour l’ouverture de WOFE, mais également les coûts fixes et opérationnels qui sont de plus en plus élevés. Le besoin en fond de roulement nécessaire est donc parfois très élevé, selon l’activité.

 

  1. Croire qu’il est facile et rapide de prospérer à Shanghai ou en Chine d’une manière générale. Il faut beaucoup de temps avant de comprendre le marché, de proposer les bonnes offres, de monter une bonne équipe et de se faire connaître. Cela prendra en général plusieurs années avant d’y voir un retour sur investissement.

 

  1. Imposer sa culture occidentale: Le respect et la compréhension de la culture chinoise, et de comment diriger son équipe locale est primordiale. Il ne faut absolument pas essayer d’appliquer les mêmes techniques de management que celles utilisées en Occident. Elles s’avèrent être à l’antipode des techniques de management Chinoise. Si vous étiez un manager performant en France, ici pour repartez de 0 et devez tout réapprendre ou presque. A Shanghai, le Turnover est très élevé, il est très dur de garder des employés + de 2 ans, d’autant plus si vous ne managez pas bien vos équipes.

 

  1. Ignorer la langue Chinoise : La langue anglaise n’est pas suffisante, pour être efficace et réussir. Ce n’est pas aux chinois de parler anglais, mais bien à vous de parler Chinois.

 

  1. Faire cavalier seul : A Shanghai et en Chine en général, il est essentiel de s’entourer d’une bonne équipe locale et de partenaires locaux. C’est un point clé pour éviter les déconvenues. Ce qui marche en occident, ne marche pas ici.

 

 

Merci Rémi pour ces informations très complètes.

Des questions ? allez lachez vous dans les commentaires. 😉

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