En Chine, un pays dont la culture entretient une dynamique ultra compétitive dans tous les domaines, le crédit social instauré en 2014 et appliqué à tous les citoyens chinois défraie les chroniques du monde entier. Ce crédit implique la notation des Chinois sur leur comportement, leurs rapports aux institutions gouvernementales, et leurs interactions avec les autres citoyens.

Dans ce sens, plus de 170 millions de caméras étaient déjà installées en Chine en 2018, leur nombre devrait atteindre les 400 millions horizons 2020 (pour comparer: en France seraient installées environ 1 million de caméras). Par ailleurs, les technologies de reconnaissances faciales ultras développées rendent la vie privée inexistante et la liberté très limitée.

 

 

Le « Scoring » – Big Brother is Watching You

Le projet chinois repose donc sur l’évaluation de chacun des citoyens chinois et de récompense les plus méritants tout en sanctionnant les moins disciplinés. Les notes étant rendues publiques, l’objectif à long terme serait de créer un classement à échelle nationale. Ce système contrôlera non seulement le comportement des habitants dans la vie quotidienne, mais également online. Sur les réseaux sociaux, les commentaires, photos, articles et vidéos sont passés en revue pour analyser le contenu et déterminer s’il est acceptable. À terme, les comptes auxquels un individu est abonné et les relations amicales seront également analysés pour déterminer si une personne à de mauvaises fréquentations.

Une mise en place d’un système effrayant pour le reste du monde. Un système assimilé aux récits  dystopiques 1984 de George Orwell et également comparé à l’épisode « Chute Libre » de la série Black Mirror (S1 EP3).

Le système s’est donc mis en place en 2014 et c’est quatre ans plus tard, en 2018, que les premières sanctions tombent. Selon The Guardian, 23 millions de personnes auraient fait face à des interdictions d’achat de billet train ou d’un billet d’avion. Pire, 128 personnes sont officiellement interdites de sortie du pays dû au non-paiement de leurs impôts.

 

 

Quelles sont les sanctions appliquées aux mauvais scores?

Les pénalités sont donc bien réelles et s’appliquent pour toute forme de raison: un passage piéton traversé au rouge, une facture payée en retard ou encore des dépenses mal gérées. En effet, le nombre d’utilisateurs de moyen de paiement mobile (via Alipay ou WeChat Pay notamment) a atteint les 583 millions. Les achats sont répertoriés dans les data de l’application et peuvent être collecté à tout moment par le gouvernement. Le nombre de points perdu est évalué en fonction de la gravité de l’infraction.

Les sanctions comme les raisons des pénalités sont diverses et variées:

  • Blacklister un individu des listes de compagnies aériennes et compagnies ferroviaires
  • Empêcher les enfants d’entrer dans les meilleures écoles du pays
  • Rendre l’accès aux meilleurs jobs impossible
  • Ralentir les connexions internet du domicile

 

23 millions de Chinois se sont vu refusé l’achat de billets d’avion en 2018

 

À l’inverse, les meilleurs scores se voient ouvrir de nombreuses portes:

  • Accès facilité aux meilleures institutions
  • Réduction sur les billets d’avion et de train et sur les transports en général
  • Accès à des métiers de meilleur rang
  • Accès facilité au crédit

 

Une note qui conditionne différents aspects de la vie des citoyens donc, permettant l’accès à de nombreux privilèges sociaux pour l’élite et de nombreuses pénalités pour les moins bien classés.

Le système de scoring est toujours en cours de développement et géré par les gouvernements régionaux, cependant, Pékin souhaite à terme obtenir une base de données centralisant l’intégralité des informations de ses citoyens. À l’heure où les mastodontes du digital américain Google et Facebook sont accusés de collecte et d’utilisations des données de leurs utilisateurs, la Chine devrait avoir mis en place sa centrale de données d’ici 2020.

Un système qui prendra place très prochainement pour tous les citoyens chinois. Un système qui demandera de rester en accord avec la ligne de gouvernance du Parti.

 

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