Dans cet article, vous trouverez  comment la Chine est devenue un marché florissant pour l’équitation et l’industrie du cheval.

Le cheval dans la culture chinoise ancestrale

 

Le cheval est pourtant un animal que l’on associe plus volontiers aux steppes mongoles et aux festivals équestres tibétains qu’à la Chine continentale, une représentation qui vient de la quasi-absence de culture équestre pendant plusieurs siècles; tout au plus était-il utilisé pour l’agriculture ou pour la consommation de sa viande.

Les nombreuses incursions des mongoles au cours de l’Histoire chinoise n’ont pas conféré à l’animal un symbole de force nationale, quand bien même le cheval fait-il partie des douze signes du zodiaque chinois.

Quelques races locales sont aujourd’hui répertoriées. Ce sont majoritairement des poneys rustiques comme le Jiangchang du Sichuan et le Bailikun du Xinjiang, ou bien d’anciens chevaux de trait dont la morphologie aura évolué par des croisements entre races depuis les années 50, à l’instar du Guanzhong de la région Weithe ou du Heihe de la région éponyme.

En Chine, l’industrie du cheval démarre au galop

Ce sont les Jeux Olympiques de 2008, dont la partie équestre se déroulait à Hong-Kong, qui ont fait redécouvrir l’équitation à la population chinoise et suscité son intérêt nouveau avec la participation du seul cavalier sous les couleurs nationales: le très médiatisé Alex Hua Tian, actuellement encore le seul cavalier chinois à se qualifier lors des concours internationaux 5* et notamment présent aux Jeux Equestres Mondiaux de Lexington en 2010 ainsi qu’aux Gucci Masters de Paris en 2012.

Cette même année, le Salon du cheval de Paris recevait le directeur général de la Chinese Horse Industry Association Mr. Wang Jiyu, exprimant ses vœux de voir l’équitation de loisirs et de compétition se développer en Chine. Dès lors l’industrie de cheval s’est développée de manière exponentielle autour des grandes villes… avec l’appui pédagogique de l’Occident, pour une nation où tout est à réapprendre.

Différents partenariats se sont donc scellés au cours des dernières années, entre l’envoi d‘instructeurs expérimentés de France pour la formation des moniteurs chinois et l’importation de chevaux de race. Des centres équestres ont ouverts proches des grandes villes chinoises que sont Pékin, Shanghai, Chengdu, Canton et Shenzhen; le Chine Equestrian Website, équivalent national de la FFE, dénombre actuellement plus de 500 clubs toute province confondue.

Les races locales étant trop petites pour la pratique de l’équitation par des adultes, les centres équestres chinois ont fait importer massivement les meilleures races mondiales de chevaux de chaque discipline – le Selle Français et le pur-sang pour le complet, l’Hanovrien pour le dressage, le Quarter Horse pour la monte western, le criollo argentin pour le polo et même l’Akhal-Téké du Kazakhstan pour l’endurance. D’autres races ont également été importées pour l’élevage comme le percheron et le trotteur, visant l’objectif d’améliorer les races locales jusqu’à produire un cheval de sport 100% chinois.

Et ce n’est pas tout : la Chine organise chaque année son propre salon du cheval, le China Horse Fair de Pékin – dont la 12e édition aura lieu du 17 au 19 octobre 2018 – ainsi que deux rendez-vous incontournables dans l’agenda de l’élite mondiale du jumping 5*, sponsorisés par Longines : une étape des prestigieux Longines Masters à Hong-Kong – prévue cette année du 9 au 11 février 2018 – et des Longines Global Champions Tour à Shanghai.

Le cheval, symbole de prestige et de luxe

 

 

Dans un contexte de développement économique fulgurant, l’équitation s’inscrit dans l’accès d’une société aux loisirs comme une importation de la culture occidentale – car ne l’oublions pas, la majorité des chevaux de selle des centres équestres chinois sont importés d’Europe et d’Amérique. Véritable soft-power, le cheval apparaît alors comme un bien matériel exotique qui donne de la face à son propriétaire, au même titre qu’une voiture spacieuse ou des vêtements de marque. Les hommes d’affaire chinois l’ont bien compris et se servent régulièrement des chevaux comme outil marketing afin de conférer à leurs produits une aura de prestige et de luxe.

Cette publicité à l’affiche du métro Shanghaien en janvier 2018 utilise l’image-type du cowboy hollywoodien à cheval dans les alpages verdoyants pour promouvoir un produit laitier ‘Deluxe’.

Dans le but d’augmenter leur face, les consommateurs chinois affichent volontiers leurs biens de marque au grand jour, un étalage de richesses factice qui définit une place dans la société. La Chine devient par la même occasion un marché intéressant pour les enseignes produisant du matériel équestre de luxe, tant par le besoin réel d’approvisionnement en matériel que par cette recherche constante de valorisation sociale.

Un cheval pour l’enfant-roi

 

L’équitation de loisirs en Chine reste une discipline élitiste car coûteuse et donc pratiquée par des citadins aisés. A l’instar du ski, les adhérents ne sont pas assidus mais plutôt des pratiquants ponctuels. Malgré tout la demande se diversifie beaucoup, ayant connaissance des multiples disciplines équestres apprises à l’étranger.

Le prestige octroyé par la pratique de l’équitation séduit particulièrement les parents en quête d’une activité extrascolaire pour leur enfant, lançant la création de poney-clubs dédiés et de nouvelles problématiques, comme le besoin urgent de poneys Shetland pour les bambins alors que l’importation se concentrait jusqu’à présent sur les chevaux de selle. La sécurité de l’enfant-roi est une préoccupation de tous les instants et les fabricants de gilets de protection et de casques ont des opportunités à exploiter.

Les tenues d’équitation occidentales ne sont pas forcément adaptées à la morphologie des cavaliers chinois; l’Europe conserve ses traditions vestimentaires héritées du Hunter et du saut d’obstacles et privilégie toujours des pantalons blancs ou beiges assortis à des vestes noires, bleu marine ou vert bouteille avec un brin de rigidité militaire; quand en Chine le rouge rime avec succès, le vert avec infidélité et le blanc associé au noir avec le deuil, les codes-couleurs des tenues d’équitation exportées pourraient être revus.

Face à cet engouement pour le monde du cheval et ce besoin en expertise occidentale, les entrepreneurs ont l’embarras du choix.

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