La liberté d’expression en Chine est un idéal auquel rêvent beaucoup d’internautes chinois. Même si les scandales liés au gouvernement central sont en effet bien souvent vite étouffés. Il existe cependant quelques moyens de contourner les censeurs sur les réseaux sociaux grâce à la rapidité et au grand nombre des utilisateurs des plateformes chinoises.

Une nouvelle mesure menace cependant le fragile espace que les internautes avaient réussis à créer…

Plus de jeux de mots

Ces dernières années les autorités chinoises sont allées de plus en plus loin pour éviter la diffusion de contenu qui ne leur plaisait pas. Réduisant peu à peu le sentiment de liberté d’expression qu’avaient les internautes sur leur espace privilégié d’expression: Weibo.

weibo

En 2012,  le célèbre site de micro-blogging avait même introduit un contrat d’utilisateur avec un système de « permis à points » pour s’exprimer sur la plateforme. Chaque bloggeur disposait d’un total de 80 points au début de son contrat, il pouvait les perdre en cas de commentaires offensifs envers le Parti communiste, de propagation de rumeur, d’appel à protester… Si le bloggeur en arrivait à perdre tous ces points, son compte pouvait être supprimé de la plateforme.

Deux ans après cette initiative de Weibo, l’agence officielle de contrôle la presse, la radio, le cinéma et la télévision  a annoncé que les médias et la publicité devraient éviter tout jeux de mots.

Pourquoi les interdire?

L’agence officielle justifie cette mesure par le fait de vouloir garder la pureté de la langue chinoise. Elle souhaiterait également éviter d’induire en erreur les enfants encore en apprentissage du langage et qui pourraient ne pas en capter toutes les subtilités. La nouvelle règle implique donc que les programmes des différents médias et publicités doivent respecter l’orthographe et le sens exact des mots.La langue chinoise regorge en effet d’homophones, des mots dont la prononciation est similaire mais s’écrivent d’une manière différente et dont le sens diffère lui aussi. Ils sont très communs dans la culture chinoise et utilisés pour des traits d’humour, des expressions populaires.

interdit de critiquer

Interdit de critiquer

C’était par ailleurs LE moyen utilisé par les internautes pour contourner la censure en ligne. Ils utilisaient par exemple des caractères à la prononciation proche pour parler des sujets sensibles. L’artiste Ai Weiwei était ainsi devenu « aime l’avenir ». Tandis qu’une sorte de lama, l’alpaga est devenu très populaire puisque son nom chinois草泥马 (cǎo ní mǎ), est proche de la prononciation de l’expression操你妈 (cào nǐ mā) autrement dit «nique ta mère». L’artiste avait d’ailleurs été pris en photo nu avec le lama pour seul moyen de cacher son sexe. La photo avait été nommée « Alpaga couvrant le milieu », un nom dont la prononciation était finalement très proche de « nique le Parti communiste ».

ai-weiwei lama

Les autorités chinoises ont donc trouvé un nouveau moyen d’essayer de réduire la possibilité des internautes de s’exprimer librement en ligne. Ceux-ci n’ont cependant pas dit leur dernier mot et ne manqueront pas de trouver un nouveau moyen de faire entendre leurs voix.

Comprendre le fonctionnement des réseaux sociaux chinois où sont présents plus de 90% des 618 millions d’internautes du pays, c’est mieux comprendre la société chinoise, ses  consommateurs et leurs besoins. Nous pouvons vous aider à mettre en place une stratégie de communication spécialisée dans ce but. Contactez-nous !

Pour aller plus loin:

The Guardian

La censure Chinoise sur les réseaux sociaux

DuckDuckGo censuré en Chine

Pourquoi les réseaux sociaux chinois fonctionnent aussi bien?