Ce 1er juillet 2014 est entré en vigueur l’accord de libre-échange entre la Suisse et la Chine.

 

Cet accord signé le 6 juillet 2013 entre la Suisse et la Chine compte parmi les accords commerciaux les plus ambitieux que les deux pays aient signés à ce jour. La Suisse devient le deuxième pays européen à passer un accord avec le géant asiatique. La Suisse est la plus grande économie avec laquelle Pékin ait ratifié un accord de libre-échange. Cela représente une étape importante pour l’engagement de la Suisse en Asie.

Pourquoi un accord avec la Suisse ? La structure individuelle de l’économie et la position unique de la Suisse en dehors de l’UE et de l’espace économique européen, mais au sein de l’Association européenne de libre-échange (AELE), faisait de la Suisse un partenaire de libre-échange attrayant pour la Chine.

Pourtant pour la Chine l’accord semble « accessoire ». En effet, la Suisse  représentant seulement près de 1% des importations et des exportations chinoises. Pour la Suisse, l’intérêt est tout autre puisque la Chine est un des principaux débouchés  pour l’industrie des machines, la pharmacie, la chimie ou encore l’horlogerie.

A noter que le poids de la Chine dans les échanges avec la Suisse s’est fortement accru ces dernières années. La Chine est aujourd’hui le troisième partenaire commercial de la Suisse, derrière l’Union Européenne et les Etats-Unis.

10 principaux partenaires commerciaux 2013

Les relations commerciales entre la Suisse et la Chine ont connu une évolution réjouissante ces deux dernières décennies. Depuis 1990, les exportations ont été multipliées par vingt environ. Le volume des importations est 10 fois plus important qu’il y a deux décennies. Rien qu’en 2013, les échanges avec la Chine ont progressé de près de 10% en termes de valeur.

Evolution commerce extérieur Suisse Chine

La ratification de cet accord devrait donc stimuler les échanges commerciaux entre les deux pays et encourager les investissements directs.

Le champ d’application de cet accord couvre un grand nombre de secteurs et d’aspects. Il comprend des dispositions régissant le commerce de marchandises et le commerce des services. Il comprend aussi la protection de la propriété intellectuelle, la promotion des investissements, la concurrence, la transparence en matière d’achats publics et la coopération économique et technique.

Il permet de supprimer, intégralement ou en partie, les droits de douane (pour certains, avec des délais transitoires) sur la majeure partie des échanges bilatéraux, ainsi que d’accroître la sécurité juridique de ces échanges et de la protection de la propriété intellectuelle.

Les détails se cachant dans les 1 152 pages de l’accord.

Dans le cadre de cet accord, jusqu’à 99.7% des exportations chinoises en Suisse seront exemptées de droits de douane; il en ira de même pour environ 84.2% des exportations suisses vers la Chine.

Les paysans suisses ont de quoi se réjouir de cet accord puisqu’il est prévu que les principaux produits agricoles suisses seront exemptés  de droits de douane ou bénéficieront de conditions privilégiées à l’importation en Chine.

La Chine a soif de lait produit en Suisse. En effet, suite au scandale provoqué en 2008 par du lait en poudre frelaté, l’exportation de produits laitiers suisses (lait et lait en poudre, beurre, crème, crème acidulée, yoghourts et fromages)vers la Chine a explosé durant ces dernières années.

Exportations produits laitiers suisse vers Chine

Le nouvel accord de libre-échange signé entre les deux pays facilitera les procédures d’exportation, puisqu’il éliminera sur dix ans les taxes grevant la plupart des produits laitiers exportés vers la Chine et devrait contribuer à diminuer les barrières administratives.

C’est également une bonne nouvelle pour les Chinois qui sont des amateurs des montres suisses. Les droits de douane sur les importations de montres helvétiques dans l’Empire du milieu vont également baisser de 60% ces dix prochaines années.

Les taxes à l’importation seront aussi abaissées pour l’industrie des machines et la pharma qui s’attendent à des baissent de respectivement 78% à 77%. La branche du textile plus marginale, connaîtra quant à elle une diminution de 99%.

L’accord portait également sur la « protection du drapeau suisse ». La protection de la propriété intellectuelle préoccupe de nombreux secteurs en Suisse, dont l’horlogerie de luxe et les médicaments, qui veulent empêcher que des produits suisses apparaissent sur des marchés chinois sous forme de contrefaçons. Dans le cadre de l’accord, les parties se sont mises d’accord sur le respect de normes internationales strictes. L’imposition de consignes d’importation et d’exportation et la protection contre l’abus des désignations et des symboles nationaux font également l’objet de l’accord, les symboles étant particulièrement chers au cœur des Suisses étant donné la grande renommée internationale du drapeau national.

La Suisse propose aussi à Pékin d’utiliser la Confédération comme base de départ pour ses opérations en Europe en y implantant les branches européennes de ses entreprises ou en y développant des opérations financières en monnaie chinoise.

La Suisse compte donc sur cet accord pour prendre une longueur d’avance sur ses concurrents européens. Il devrait donner un coup d’accélérateur au commerce et aux investissements entre la Suisse et l’empire du Milieu.

Sources :

Infos supplémentaires :

 

Nicolas de Chine Passion