Dans le tourisme, l’immobilier, le luxe… Les investissements Chinois en Europe ne cessent d’augmenter. Alors qu’ils étaient principalement présents en Amérique, les Chinois ont diversifié leurs investissements afin de se retrouver en Europe. Si avant l’Amérique restait le choix #1 pour les IDE Chinois, les montants investis en Europe sont de plus en plus importants chaque année et ce sont plusieurs grandes enseignes Européennes qui se font racheter progressivement. L’une d’elles, Club Med, avait particulièrement marqué les esprits ainsi que le monde médiatique en 2015, mais le groupe est loin d’être le seul dans ce cas de figure. Que doit-on penser de cette présence Chinoise en Europe et en particulier en France ? Qu’est-ce qui motive les investisseurs Chinois à venir dans l’hexagone et surtout, doit-on en avoir peur ? Le phénomène est encore très récent, mais s’il se poursuit, tout porte à croire que de plus en plus d’entreprises françaises pourraient commencer à voir rouge. Les communistes seraient-ils en train de nous battre au jeu du capitalisme ?

Une situation actuelle déjà bien avancée

Personne n’a pu passer à côté, en 2015, le chinois Fosun a pris le contrôle du très célèbre Club Med. Cette décision avait à l’époque fait couler beaucoup d’encre et, dans un élan de patriotisme, les Français s’étaient émeu et inquiété. Ce n’est pourtant pas le seul groupe à passer sous la direction des Chinois, loin de là. Le groupe PSA est détenu à 13,8% par le constructeur automobile Dong Feng Motors en Chine. Cette acquisition a au passage permis au groupe Chinois de posséder le droit de regard sur le centre de recherche PSA de Shanghai. On peut aussi prendre SMCP dans le textile (Sandro, Maje et Claudie Pierlot) racheté par le groupe Shandong Ruyi, l’un des principaux groupes de textile Chinois. Enfin, on peut citer le groupe Accor qui se sépare toujours un peu plus de son capital au profit du groupe Chinois Jin Jiang, détenu par la municipalité de Shanghai.

Face à toutes ces transactions, nos dirigeants ne savent plus trop où donner de la tête et hésitent : Faut-il renoncer à ces capitaux étrangers et prendre le risque de voir nos industries devenir moins compétitives ou alors les accepter au risque que la Chine contrôle de plus en plus de grands groupes Français ?

Surtout que l’appétit de la Chine commence à devenir incontrôlable. Les IDE Chinois représentaient plus de 128 milliards de dollars en 2015 (249 milliards si nous prenons en compte Hong-Kong), c’est 40 fois plus qu’il y a 20 ans ! Jusqu’où compte aller la Chine et quelle est la stratégie de ces investisseurs Chinois ? Pour Harold Parisot, Président fondateur du Chinese Business Club, les Chinois n’ont pas la prétention de vouloir « dominer le monde », ils recherchent juste des investissements intéressants et se concentrent sur le long terme. Si ce cas concerne les grosses entreprises, cela est également le cas à plus petite échelle pour d’autres comme Damac Properties, une agence immobilière de luxe basée à Dubaï qui a fait appel à l’agence Gentleman Marketing Agency pour se développer à l’étranger.

Même si les Chinois sont présents sur tous les secteurs, ils se concentrent plutôt sur les secteurs de la haute technologie, des infrastructures, de la Chimie… Ils vont d’ailleurs être plus intéressés par les entreprises en difficulté (attention, pas au bord de la faillite où tout espoir semble perdu, des entreprises qui peuvent subir un ralentissement dû à la concurrence de plus en plus forte). C’est le cas du célèbre PSA, mais aussi de Neyrpie, plus grand fabricant français de tunneliers. Le groupe Neyrpic Framatome Mecanique a donc intégré le groupe Northern Heavy Industries, détenu par des Chinois. Un achat intéressant dans un pays où les villes s’étendent de plus en plus vite.

Tous ces achats restent cependant à nuancer. La France reste le 2ème pays d’Europe derrière l’Italie, grand gagnant des IDE Chinois (7,8% du total contre 3,6 % en France), mais surtout, ces IDE restent bien inférieur à ceux d’autre pays comme le grand rival de la Chine : le Japon qui consacre 6% de ses IDE en France. Au final, l’Europe reste tout de même le choix #1 des Chinois avec 23 milliards de dollars investis en 2015 contre seulement 17 milliards de dollars en Amérique du Nord. Les investissements en France et en Italie ont pratiquement doublé en deux ans.

 

Comment peut-on expliquer un tel attrait des investisseurs Chinois pour l’Europe ?

Il y a plusieurs raisons qui poussent les Chinois à investir en Europe. L’apparition d’une classe moyenne en Chine est la première qui vient à l’esprit. Ce n’est un secret pour personne : les Chinois s’enrichissent, et ils le font vite ! On compte environ 20 millions de Chinois qui feraient partie de cette classe moyenne en plus chaque année. Ces Chinois ont donc de nouvelles envies comme le voyage, le luxe et l’hexagone est justement connu pour ça dans l’empire du Milieu ! Cela explique le rachat du Club Med ou plus récemment SMCP.

Initiative largement soutenue par Pékin ! L’Usine du Monde veut aujourd’hui se défaire de son image « cheap » et cherche justement à acquérir des marques Occidentales porteuses d’un savoir-faire, d’une image de marque qui n’existe jusqu’à là pas en Chine.

Et si justement ces investissements s’accélèrent à vitesse grand V, c’est bien parceque les touristes Chinois en France sont de plus en plus nombreux ! On note par exemple une augmentation de 20% de touriste Chinois en France en 2015. On pourrait penser que l’image de la France à l’international se détériore à cause des attentats ou fait divers mais cela ne transparait pas du tout chez les touristes Chinois, pourtant soumis à la censure dans leur pays d’origine.

Les Chinois sont des plus en plus riches

 

Les investisseurs trouvent également en Europe une stabilité politique et économique qu’ils ne trouveraient nulle part ailleurs ! Si les Chinois sont passés de l’Amérique à l’Europe pour la cible de leurs IDEs, c’est bien pour une bonne raison : le krach économique de 2008. Le système Américain était vu à l’époque comme le meilleur, le plus stable et le krach économique a bien remis en cause leur vision de la chose. L’Europe fut moins affectée et c’est ce qui a donné aux Chinois la motivation de faire passer l’Europe en choix #1 pour leurs IDEs. Encore mieux, la crise économique a certes, touché le continent (ce qui a affaibli certaines entreprises), mais pas assez pour provoquer de multiples faillites. En revanche, assez pour accepter les investisseurs Chinois et prendre le contrôle de certains groupes, surtout avec la baisse de l’Euros que tout cela a engendré, une occasion parfaite donc.

Aussi, il faut savoir qu’avec ce changement d’image, la croissance de la Chine ralentit. Elle n’est évidemment pas dans le rouge, mais ne possèdera pas indéfiniment sa croissance à deux chiffres. Les Investisseurs doivent donc chercher des solutions ailleurs et c’est apparemment en Europe et surtout en France qu’ils pensent les avoir trouvés.

Cet élan d’investissement est au passage largement soutenu par les familles les plus riches de Chine. Même si la Chine a fait des progrès en ce sens, le communisme reste un régime très corrompu et certaines familles ont pu faire fortune grâce à cette corruption. Les investissements à l’étranger sont donc un moyen comme un autre de protéger leur patrimoine et d’échapper à un éventuel contrôle bancaire de la part de Pékin. On parle même d’un nouveau ChinaTown consacré à l’investissement Chinois dans le Triangle d’or à Paris.

Enfin, l’objectif des Chinois et plus particulièrement de Pékin est aussi certainement politique. La Chine chercher aujourd’hui à s’affirmer comme superpuissance mondiale. L’acquisition de grand groupe reste une stratégie primaire, mais terriblement efficace. À se demander s’ils ne pourront bientôt dominer le secteur du tourisme en France. Il reste évidemment beaucoup d’entreprises françaises indépendantes, mais petit à petit, les Chinois gagnent du terrain (Pierre & Vacances à par exemple cédé 10% de son capital dernièrement). Pékin veut changer d’image, l’Usine du monde n’est plus son objectif, le gouvernement veut rayonner dans plusieurs secteurs et rien ne dit qu’il s’arrêtera aux secteurs sur lesquels il se concentrent aujourd’hui.

L’Usine du Monde changera-t-elle bientôt d’image ?

D’autres aspects attrayants existent et dans d’autres secteurs comme celui de l’immobilier. Ce guide explique par exemple comment attirer les investisseurs Chinois dans l’immobilier.

 

Avec ces investissements de plus en plus réguliers, doit-on avoir peur des Chinois et leurs IDEs ?

C’est la question que tout le monde se pose, et assez légitimement. Si Harold Parisot nous assure que « contrairement à ce qui leur est souvent reproché, les investisseurs chinois ne cherchent pas « à faire des coups » », on peut voir dans les investissements des Chinois quelques malhonnêtetés. Ceux-ci calculent tout, font des recherches extrêmement poussées sur les possibilités d’investissement et vont parfois essayer d’exploiter une faille judiciaire pour faire du profit. Deux exemples sont apparus assez récemment en France.

Le 1er concerne le secteur agricole. Le Fond Chinois Hongyang a fait l’acquisition de plusieurs exploitations agricoles dans le centre de la France, ce qui équivaut à 1 700 hectares de terres agricoles. Les SAFER, des sociétés d’aménagement rural chargées de protéger les terres agricoles n’ont eu absolument aucun droit de regard sur le dossier. L’astuce utilisée ici est complexe : en France, les sociétés agricoles n’ont pas à déclarer les cessions de part tant qu’elles n’atteignent pas 100% du capital. Hongyang peut donc faire plus ou moins ce qu’il veut avec ces terres sans que les autorités françaises ne soit au courant, ils n’ont absolument aucun compte à rendre.

Le 2nd exemple est l’aéroport de Toulouse. Les Chinois du groupe Casil Europe ont pu profiter du climat de tension social présent autour de l’aéroport et a pu racheter à l’Etat ses parts de ATB (pour Aéroport Toulouse Blagnac). Ce n’est pas vraiment l’aspect commercial de l’aéroport qui est intéressant pour les Chinois ici, mais plus sa situation géographique. Rappelons que Toulouse abrite également le siège social de Airbus et que la région est très exposée à l’espionnage industriel. (source)

Ce n’est pas la 1ère fois que l’Etat fait la politique de l’autruche sur un dossier. Rhodia, spécialisé dans la Chimie possédaient deux usines et un centre de recherche géré par le groupe Rhône-Poulenc s’est vu complètement abandonné par son groupe et l’Etat Français. Les Chinois ont profité de l’occasion en 2007 et le groupe ChemChina a pris le contrôle. Au début très inquiet, la CGT a été plutôt surprise de l’évolution de Rhodia, devenu Bluestar Silicones. Il admet, 8 ans plus tard, que les Chinois ont investis, remis l’entreprise sur pied et un partage des marchés a été mis en place : Les marchandises Françaises sont vendues en France et en Europe et les marchandises Chinoises… en Chine. Pas de quoi avoir peur des IDEs Chinois donc ? Pas pour Rhodia du moins, enfin pour l’instant. Le groupe Chinois reste propriétaire de l’entreprise et peut très bien de changer le système à tout moment.

 

Si le dossier Rhodia se passe -pour l’instant- plutôt bien, cela n’a pas toujours été le cas de toutes les entreprises. M.Zhang Guohua a par exemple acquis le leader européen du contreplaqué « Plysorol » qui était à l’époque en liquidation. L’investisseur, qui avait fait moult promesses aux employés pour obtenir le dossier s’est révélé être le pire des menteurs puisqu’il était en fait intéressé par 600 000 hectares de bois que la société possédait au Gabon, un procès est toujours en cours à ce propos.

Dans le même genre (mais moins fourbe) Le groupe SEG (pour Shanghai Electric Group) a repris le fabricant de presse et de rotatives « Goss International » et peu après le rachat, le groupe a décidé de fermer l’une de deux usines françaises pour éviter de payer des licenciements.

Ces pratiques ne sont cependant pas signées des Chinois, mais plus généralement des gros groupes qui essayent parfois de faire passer le capital avant l’humain. Faut-il avoir peur des Chinois donc ? L’arrivée d’investisseurs étrangers est souvent une bonne chose dans un pays, mais dans ce contexte où tout arrive très vite, est-ce une bonne chose pour la France ? Avec Jack Ma, leader d’Alibaba et géant du E-Commerce qui arrive prochainement en Europe, des éléments de réponse devraient très vite arriver.

 

Comment attirer des investisseurs chinois ?

 

  1. Se faire connaitre en Chine
  2. Lancer une campagne de eRP
  3. Travailler la reputation
  4. Lancer une campagne de lead generation
  5. Faire du buzz , en Chine autour de l’entreprise
  6. Communiquer auprès des VC et PE chinois
  7. Contactez une bonne agence  🙂

Pour plus d’informations (comme chaque cas est différent) vous pouvez nous contacter et on vous expliquera une méthodologie pour attirer des investisseurs pour votre business.