Le retour des « secondes épouses » chinoises

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Depuis la nuit des temps, le mythe de la concubine chinoise est entretenu. Historiquement, ces maitresses plus-ou-moins secrètes permettaient de mesurer le statut d’un homme. Plus les maitresses étaient nombreuses, plus l’homme les entretenant avait de l’importance. L’empereur chinois Tang Gao Zong jouissait de plus de 3000 concubines. En 1949, Mao jugeant ces pratiques féodales et décadentes, avait décidé d’y mettre un terme.

maitresse chinoise

Cependant, depuis deux décennies de mutations économiques, de nombreux chinois devenus riches et puissants souhaitent plus que jamais exhiber leur réussite. La démonstration de leur ascension sociale s’observe par leurs multiples dépenses de luxe (voiture, voyage, maisons etc.). Mais pour aller encore plus loin dans l’exhibition, le meilleur moyen de montrer son rang est l’entretien de jeunes maitresses. Le concubinage moderne revient donc en force ! Ce phénomène se propage à une telle vitesse que dans la majorité des grandes villes chinoises, on peut trouver des « villages de concubines », avec des immeubles abritant de luxueux appartements où les jeunes femmes entretenues entreposent leurs dépenses et cadeaux : bijoux, garde-robe, technologies…

Si de puissantes figures chinoises entretiennent ces pratiques, la morale chinoise reste troublée par la résurrection de ce phénomène, sujet à de fortes polémiques.

Le business de ces liaisons secrètes

Les businessman et hommes de pouvoir sont les premiers amateurs de ces jeunes femmes modernes et souvent très belles. Pour ces chinois, entretenir une seconde épouse de « façade » signifie avoir les moyens financiers d’entretenir deux femmes, deux rythmes de vie et de les assumer. Le trop d’argent des supers riches chinois ravive les liaisons extra-conjugales, vu comme un signe extérieur de richesse. Le ciment de cette relation parallèle est l’argent : l’homme s’exhibe avec une jeune beauté, cette dernière jouit de sa fortune. Une relation organisée et gagnant-gagnant. La tendance de ces nouvelles épouses est tellement à la mode que des voitures de luxe ont nommé un segment de leur gamme « voiture de maîtresse » (souvent des voitures clinquantes et sportives dont ces femmes raffolent).

Pour exemple, Jian, un homme d’affaires chinois de 42ans explique au New York Times « Avoir une maîtresse c’est comme jouer au golf. Ce sont deux loisirs coûteux. ». Pour entretenir sa liaison extra-conjugale avec une étudiante de 20 ans, il débourse environ 4500€ par mois.

concubine chinoise golf

Les secondes épouses sont mal vues en Chine et souvent liées à la corruption

Ces relations secrètes sont mal acceptées par le peuple chinois. Cela heurte la morale de la majorité et engendre des troubles de l’opinion publique qui commence à s’interroger. De multiples scandales font surface et même si le Ministère des propagandes ordonne de ne pas retranscrire les informations, les chinois ne sont pas dupes. Ces doubles vies sont souvent exhibées et vite percées à jour. De plus, ce sont souvent les chinois les plus hauts placés et les plus fortunés qui véhiculent cette dérive. L’été dernier par exemple, le vice maire de Hangzhou, Xu Maiyong surnommé « Xu le plein », a été exécuté. Et pour cause, il entretenait plus d’une douzaine de maîtresses.

Amants-chinois

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En 2009, des responsables de la discipline du Parti ont révélé que 95 % des cadres inculpés pour corruption avaient une maîtresse.

Les révélations de ces liaisons extra-conjugales s’enchainent depuis quelques années, menaçant la stabilité du cercle familial.

Une lutte active contre ce phénomène

En 2010 et après de nombreux scandales, Hu Jintao a dû prendre de sérieuses mesures en demandant explicitement aux dirigeants du Parti de s’abstenir de toutes tentations vénales et de jeunes femmes. Le gouvernement de la province du Guangdong à quant à lui mis en place la dispense de cours obligatoires pour les lycéennes afin de raviver leur estime de soi, leur indépendance et leur développement personnel.

Juridiquement, la loi interdit depuis quelques années les maîtresses de poursuivre leurs amants devant les tribunaux. Une autre manière de rendre ces relations non-officielles. Cette loi est renforcée par la possibilité donnée aux épouses d’exiger que la totalité de l’argent donné à la maîtresse soit rendu.

concubine chinoise dessin

D’autres mesures voient le jour.

En 2011, un « Institut des Dames » a ouvert à Pékin dans le but de coacher les épouses trompées, les aider à se défendre contre les maîtresses de leurs époux et à réagir face à cette liaison. Des agences de détectives privés traquent également les maris volages. Zhang Yufen est un visage connu de cette lutte intense.

Surnommé « La tueuse de maitresse », elle défend les épouses qui subissent ces liaisons allant jusqu’à traquer les maîtresses dans leurs immeubles (elle a vécu cette expérience personnellement avec son mari qui a entretenu une maitresse pendant 10 ans).

Enfin, Pékin et Shanghai sont les villes pionnières de la création d’une base de données des mariages. Cette base de données devrait couvrir l’ensemble de la Chine d’ici 2015 afin de répertorier et régulariser les situations de chacun.

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