Des groupes de Melbourne sur WeChat se sont exprimés à propos des posts et articles publiés. Dans le groupe de discussion, plus de 500 personnes, ont commenté des attaques de la ALP et répandu les réclamations que le vote pour le travail devrait mener à une large augmentation du nombre de réfugiés. Cela signifie moins de visas accordés pour les familles, ou encore que les programmes de Safe Schools devront rendre les toilettes mixes.

Michael Liu, un activiste et blogueur chinois basé à Melbourne traite des questions sino-australienne, et a un regard tout particulier sur cette situation. D’après son analyse, il considère que la campagne mentionnée était de la désinformation. Il a été par la suite bannis et expulsés des groupes de conversation.10906024_G

Il dit qu’il s’agissait « presque d’une secte religieuse, si vous ne croyez pas au dogme sacré, vous serez harcelé puis punis ».

Liu a enregistré les images de plusieurs des conversations WeChat dont il a pris part. Et parmi l’une d’entre elles, Kelvin Ho a semblé suggérer qu’accepter le mariage homosexuel reviendrait à retourner à l’état animal. Ho s’est plus tard excusé mais a clamé le fait qu’on ai mal interprété ses propos et qu’on l’a surtout mal traduit.

Une campagne Made in China sur les réseaux sociaux !

 Et Liu a également découvert une campagne de réseaux sociaux, entièrement en chinois et ayant pour objectif de toucher le parti du travail.

La fondatrice de cette campagne était Gladys Liu, la présidente du conseil du parti Libéral pour Victoria.

Elle explique notamment que la campagne était au deçà de toutes les attentes espérées pour Chisholm à l’est de Melbourne, où les libéraux se rebelle contre la nation toute entière et saisissent le siège laissé par le parti du travail. Le retrait de la populaire membre Anna Burke, et ainsi que la controverse Skyrail a sûrement aussi joué un rôle dans ces élections.

L’électorat chinois en Australie

Mais Liu souligne les résultats obtenus dans les urnes de Box Hill, où près de 20% des votants parlent chinois, ont une première préférence qui a basculé à 4,2% pour le candidat libéral. Julie Banks du parti du travail et ses 5,6% est en marge.

Gladys Liu explique: « D’après les résultats des votes, on a très bien réussit à Box Hill, où la haute classe de l’électorat, ainsi que les sièges voisins tels que Deakin et Kooyong avec une grosse démographie chinoise ».

Plus de 15% des habitants de Chisholm ont été enregistrés dans le recensement de 2011 comme parlant la langue chinoise, et il y a eu une vague importante d’immigration chinoise depuis. Dans le même temps, dans l’électorat de Deakin, qui couvre les votes de Blackburn à Croydon, les chiffres de 2011 indiquaient qu’il y en avait environ 7,5%, alors que dans l’électorat de Kooyong (de Kew à Balwyn) les chiffres s’élevaient à 9,3%.

« Si vous demandez combien de chinois lisent les nouvelles, le pourcentage est extrêmement bas ». Gladys Liu ajoute: « Mais la première chose qu’ils font le matin est d’allumer le téléphone et d’aller de suite sur WeChat ».

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Cette campagne Wechat a été engageante !

Elle dit que la campagne sur WeChat a été réalisé par des volontaires tels qu’elle et a été centrée sur 3 différents aspects: la controverse des Safe School, le mariage homosexuel et la gestion économique du pays.

« Beaucoup de parents ne sont pas d’accord pour laisser les garçons aller dans les toilettes mixes où des filles y vont également » dit-elle. « Ils sont fortement opposés aux programmes Safe Schools. Le travestissement et les transsexuels sont difficilement acceptés par la communauté chinoise. Les chinois pensent en effet que le mariage entre personne du même sexe est contre-nature.

« Les chinois viennent en Australie parce qu’ils veulent le meilleur pour les futures générations, et ne pas être détruit – avec l’emploi notamment de termes même sexe, transsexuel, Tout cela est pourri ».

Gladys Liu explique que les réfugiés étaient la clé pour obtenir les votes des chinois. « Si le parti du travail laisse les réfugiés rentrer en Australie, cela affectera les personnes et la vie ici » dit-elle.

Cependant, elle réfute toute participation à une quelconque campagne de désinformation. « Si la politique du parti du travail est bonne, ils peuvent dominer WeChat ». Dit-elle. « Mais les chinois n’aiment pas leur politique. »

Elle s’éloigne du parti selon les dires de Ho « Nous ne pouvons avoir le contrôle sur tous les individus. Ho peut seulement se représenter lui-même. Mais il ne représente pas la vision partagée par l’ensemble du parti ».

Le candidat du parti du travail pour Chisholm, Stefani Perri indique que la campagne menée sur WeChat a réellement eu un impact négatif sur ses chances d’être élue.

« Il y avait clairement une campagne menée sur WeChat appelant les personnes à la peur et répandant des mensonges notamment pour retourner les chinois contre le parti du travail, ils ont joué sur la peur » disait-elle.

Elle a pu observer certains posts clamant que le parti du travail devrait augmenter le quota de réfugiés aux dépends des migrants chinois. « Ce n’était clairement pas une base factuelle mais c’était très opportuniste » dit-elle.

Le candidat au sénat du parti du travail Paul Han des nouvelles galles du sud a dit que la campagne était également menée par des chinois à Sydney. Il a critiqué la stratégie employée dans une presse chinoise une semaine avant les élections.

« C’est certainement systématique, organisé et dynamisé par une équipe d’activistes politiques » dit-il. « Il se répand si rapidement et a pris tout le monde par surprise. L’objectif était évident, mais c’était une tactique quelque peu vicieuse.

Han a mentionné qu’il avait vu des posters pro-libéraux suivi d’un sondage sur WeChat juste après avoir publié des messages anti-travaillistes. Près de 80% des sondés ont répondus qu’ils allaient désormais voter pour le parti du travail.

La campagne WeChat a été un réel succès et a pleinement satisfait les attentes des libéraux à travers le pays. Le parti du travail a en effet mis au point une stratégie de communication sur son opération « Medicare » en plusieurs langues autres que l’anglais. Des sources ont d’autre part indiqués que le parti n’avait pas concentré sa stratégie sur un vote multiculturel.

Cette vague d’immigration

La communauté sino-australienne a sympathisé avec le parti du travail depuis la vague d’immigration qu’a connu l’Australie durant les années 80 et les années 90, grâce à la gratitude qu’ils ont pour la décision de Bob Hawke. Ce dernier avait décidé de laisser les étudiants chinois rester en Australie après le massacre de Tiananmen Square. Mais plus tard, les migrants qui sont arrivés grâce à des visas d’investisseur et ont pour ce fait un but commercial sont plus réceptifs aux mesures libérales, selon Jieh-Yung Lo, le co-fondateur de Poliversity, qui est une organisation partisante essayant d’augmenter la diversité culturelle du parti.

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