La grande plateforme de réseau social chinois WeChat, numéro un en Chine, se décide enfin à se lancer sur le marché africain, et est prêt à bouleverser le paysage des réseaux sociaux en Afrique. Cette décision va amener une très forte concurrence dans le milieu en Afrique du Sud notamment, avec la présence déjà forte des concurrents américains Facebook et Whatsapp. Ces derniers se sont déjà très bien implantés dans la plupart des pays d’Afrique, et il semble difficile à WeChat de prendre part au marché. C’est d’autant plus rare que l’Afrique n’est pas le lieu le plus commun pour une bataille entre géants de l’internet. Mais le résultat déterminera à coup sûr qui pourra le mieux exploiter la croissance exponentielle du continent africain en matière de service de messagerie en ligne et également avoir le plus de part de marchés.WeChat-658x370

Comment WeChat prévoit de conquérir l’Afrique

WeChat semble avoir des grands inconvénients en comparaison avec Whatsapp pour réussir en Afrique. Whatsapp a en effet, été en Afrique depuis bien plus longtemps déjà, et beaucoup d’africains utilisent l’application pour communiquer. Cela rendra par ailleurs les africains d’autant plus méfiant envers WeChat, un concurrent direct et aux fonctionnalités encore inconnues à ces utilisateurs.

Mais WeChat est actuellement en train de développer d’autres services en plus de son service de messagerie en ligne qui lui permettrait de faire la différence avec Whatsapp, avec notamment le service de transfert d’argent. Son expérience de vendre ses services à de faible pouvoir d’achats notamment dans les villages les plus reculés de Chine en font également un atout à l’heure d’approcher le marché africain. Des opportunités existent pour pénétrer le marché et s’y installer durablement, compte tenu des similarités que connaît le marché chinois et le marché africain à ce niveau là, avec un nombre incalculable de village perdus dans la campagne.wechat..

« C’est au coeur de l’histoire pour nous car on savait qu’on arrivait trop tard dans le marché comparé aux autres applications de messagerie, on a donc réalisé qu’il fallait se concentrer sur d’autres services et ne pas uniquement se baser sur nos services de chat pour pénétrer le marché actuel » dit le directeur général de WeChat Afrique Brett Loubser.

Lancé en Afrique en 2013 par le géant chinois Tencent et ses 34% d’actions de la plateforme d’e-commerce et du groupe média sud africain Naspers, WeChat Afrique est un des rares partenaires du groupe à se développer sur le continent.

La bataille avec Whatsapp

La joint-venture ets en train de connaître une bataille féroce avec son concurrent Whatsapp. Ce dernier offre des services de messagerie gratuite, avec la possibilité d’envoi d’images et de vidéo, de messages vocaux et plus récemment les appels utilisant la connexion internet. Son adoption sur le marché africain a été immédiat, du fait des coûts de la communication en Afrique. En effet, dans la plupart des pays africains, la communication est tarifée à prix élevé, permettant aux applications de messagerie en ligne de pouvoir faire leur trou.

Une étude publié en 2015 par le World Wide Worx, un cabinet de conseil basé à Johannesbourg, montre que l’application Whatsapp a obtenu près de 10 millions d’utilisateurs en 2014 en Afrique du Sud, en comparaison avec les 5 « petits » millions obtenus par l’application WeChat. Mais Whatsapp, acheté par Facebook en 2014 pour près de 19 milliards de dollars. Le but était de garder l’usage de l’application sans publicité. Il n’y avait alors pas de plans immédiats pour rentabiliser ces services en Afrique. Le responsable de Facebook Afrique, Nunu Ntshingila a dit « A ce stade, nous ne prévoyons pas de monétiser Whatsapp », selon ses déclarations à Reuters.

« C’est une étape définie en 3 ans, car nous nous concentrons maintenant sur 2 grosses applications qui sont Facebook et Messenger ». Avec les poches pleines de Facebook, les experts pensent que Whatsapp peut facilement tirer profit de sa popularité sur le continent quand viendra le temps de monétiser ses services. Ntshingila indique par ailleurs que Whatsapp est la plus grande plateforme de messagerie en Afrique du Sud, au Nigéria ainsi qu’au Kénya.

« Vous pourrez toujours me dire que WeChat est en avance par rapport à nous concernant la monétisation de ses services, mais les personnes utilisant notre application peuvent faire ce qu’ils veulent en utilisant leur numéro. Tout est question de savoir qui a le numéro » indique l’analyste Sibonginkosi Nyanga, directeur des fonds à Momentum SP Reid.

Whatsapp est en train de tester les restaurants, compagnies aériennes et les entreprises de cartes de crédits payent pour contacter les clients, et d’après le directeur général Jan Koum,  » quand l’entreprise a annoncé qu’il allait renoncé aux un dollar de frais demandé pour certains utilisateurs ».

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Au delà de la messagerie

Malgré tout il n’y a pas de statistiques fiables sur le nombre de téléphone où les applications Whatsapp ou WeChat ont été installés sur le reste du continent. Il y a des endroits en Afrique où WeChat est presque inconnu de tous, alors que Whatsapp est connu partout en passant de la Namibie jusqu’au Niger.

« J’ai eu l’habitude d’utiliser WeChat, mais je l’ai supprimé parce que tu ne trouveras personne à qui parler. Avec Whatsapp, il n’y a pas de complications, c’est simple et tous mes amis l’utilise » témoigne Nkululeko Mabuza, un travailleur social de 24 ans habitant au Tzaneen, une ville située à 400km au nord de Johannesbourg.

Loubser dit que WeChat fait tout pour rendre les choses faciles aux utilisateurs avec une suite de fonctionnalités pour commander à manger par exemple, ou encore effectuer des achats en ligne, rechercher du travail et enfin transférer de l’argent sans avoir à quitter l’interface.

« Nous avons pris un soin tout particulier à ce que la plateforme peut réaliser au-delà de juste envoyer des messages car les personnes utilisent des produits quand ils ont de la valeur à leurs yeux ». dit-il.

L’année dernière, WeChat a lancé son service de transfert d’argent mobile, également appelé WeChat Wallet (WeChat portefeuille) qui permet alors aux utilisateu
rs d’enregistrer sa carte bancaire et d’effectuer des retraits d’argent sur des automates (machines ATM en Chine) d’un partenaire, Standard Bank.

Le service semble séduisant pour les africains. Le succès des opérateurs Télécom Safaricom et M-Pesa au Kénya ont convaincu les investisseurs que ce marché pouvait représenter des perspectives intéressantes à l’avenir. Reste à savoir désormais jusqu’où peut aller le développement de WeChat à travers l’Afrique.

 

 

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