Thomas Chabrières est parti à la conquête de la Chine à l’âge de 19 ans. À maintenant 34 ans, il nous raconte son incroyable parcours et comment il a pu réaliser ses rêves d’aventure en Chine.

Peux-tu te présenter?

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« Thomas Chabrières, 34 ans, je suis arrivé à Pékin en 1999 à l’âge de 19 ans pour travailler dans une web agency d’outsourcing de développement de sites web; j’y ai travaillé 2 ans avant de rentrer en France reprendre mes études pour revenir en 2005, diplôme en poche et pour ouvrir les bureaux de Business Interactif (une web agency française qui fut rachetée par Publicis l’année suivante, devenant Digitas).

Je suis passé par Tribal DDB (groupe Ominicom) pour gérer les opérations et monter en parallèle la Jeune Chambre Économique Française (JCEF) de Shanghai avec quelques amis.

L’association devient en deux ans la plus grosse JCEF du réseau France en termes de membres et me fait réaliser qu’on peut travailler et s’amuser en même temps. Je quitte donc DDB pour créer ma propre entreprise dans le tourisme à bord de véhicules vintage, et ça roule depuis plus de 5 ans.

J’ai également créé avec le Consulat Général de France l’association Solidarité Shanghai qui vient en aide aux français en situation de mal-être, voir même de détresse: http://www.solidariteshanghai.com.

Peux-tu présenter ta société?


Insiders Experience est le leader en Chine des city tours et des expéditions privées en dehors des sentiers battus.

L’entreprise a commencé sous le nom de Shanghai Sideways en partenariat avec Gael Thoreau qui a créé Beijing Sideways. L’idée, toute simple, était de montrer « notre » Chine en dehors des sentiers battus à bord de nos side-cars; nous sommes l’ami d’amis que nous aimerions avoir dans une ville que nous ne connaissons pas. Je me suis associé a Hugues Martin, historien amateur et passionné de Shanghai (http://shanghailander.net) qui a pu apporter le contenu de nos tours.

En 2011, nous sommes devenus Insiders Experience et nous avons ouvert à Xi’an. Depuis, nous avons également ouvert Lijiang dans le Yunnan et Guilin en partenariat avec le Club Med. Nous proposons également des tours en jeep cabriolet vintage, avons ouvert un bar à vin français dans le nord Yunnan à Baisha, le Chine~Chine, qui est sur la couverture du Guide du Routard pour la 2ème année consécutive. Nous avons aussi une ferme que nous louons à la semaine aux familles d’expatriés à Baisha ainsi qu’une habitation troglodyte de 300 ans retapée en dehors de Xi’an où nous proposons une nuit chez l’habitant.

 En quoi ce concept séduit ta clientèle ?

Nous avons eu beaucoup de chance, nous avons lancé les tours sans faire d’étude de marché ni de business plan et en nous disant que si nous étions toujours là au bout de 6 mois, nous ferions un business plan. L’activité a décollé si vite que nous n’avons toujours pas de business plan. Nous avons répondu à une demande qui s’ignorait de tours sur mesure privés en dehors des sentiers battus. Notre business model est concentré à 100% sur la qualité et non sur la quantité, nous ne pouvons pas proposer des tours à des milliers de passagers par mois dans une ville, d’où notre extension sur d’autres villes de Chine.

 Quelles ont été les actions marketing que tu as menées?

Je suis allé voir toutes les entreprises qui font venir des médias en Chine (compagnies aériennes, hôtels etc.) et j’ai proposé des tours gratuits à tous les médias qu’elles feraient venir à Shanghai, en échange de quoi ils auraient notre dossier de presse. Cette techniques a fonctionné puisqu’en 2010, nous avons touché plus de 120 million de lecteurs à travers le monde rien que sur la presse écrite. (Merci l’Expo universelle!)

Quelle est la ville en Chine que tu préfères, et pourquoi?

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Mon cœur est à Pékin et mon portefeuille est à Shanghai. Je passe beaucoup de temps à Xi’an, Guilin et Lijiang, c’est fascinant de voir ces villes se développer: c’est comme un voyage dans le temps après avoir assisté au développement de Pékin et Shanghai, on a l’impression d’avoir une boule de cristal et de pouvoir prédire ce qu’il va se passer. Ça fait tourner la tête quand on voit le nombre d’opportunités qu’il y a à saisir sur ces marches.

Quel secteur en Chine est selon toi le plus porteur ?

Je pense qu’en tant qu’occidentaux, nous avons de belles opportunités à saisir si nous innovons en Chine car c’est un marché où les industries restent très « mainstream », c’est-à-dire où l’on va  copier des business model qui fonctionnent plutôt que de créer quelque chose de nouveau. Il y a donc des affaires à faire partout, il ne faut juste pas oublier de se demander pourquoi personne n’a exploité l’idée qu’on a avant de se lancer.

 Quels conseils donnerais-tu aux français souhaitant entreprendre en Chine ?

Entourez-vous de gens qui s’y connaissent mieux que vous. Par exemple, la JCEF a un programme Biznest qui aide les entrepreneurs. Contactez les CCE et amendez un parrainage car c’est dans la mission des CCE d’aider les PME et ils bénéficient d’un réseau énorme. Trouvez un ou plusieurs chinois qui pourront vous accompagner également. N’hésitez pas à donner des parts de votre entreprise. Il vaut mieux avoir 51% de quelque chose que 100% de rien du tout.

 As-tu une anecdote à nous raconter dans le Business en Chine ?

Notre pire tour car il y a un happy ending: un des patrons de Coca-Cola nous a demandé un tour il y a 3 an pour nous tester,  car il allait déplacer son siège de Hong-Kong à Shanghai et souhaitait se servir de nous très souvent si notre tour lui convenait. Je lui ai donc réservé deux de mes meilleurs « insiders » en les briefant sur l’importance de ce tour, mais tout s’est mal passé: le tour leader a eu une panne de réveil et l’insider, pour les faire patienter, a décidé d’aller leur acheter à boire et est revenu avec… du Pepsi. Ils se sont pris en photo à fracasser les bouteilles devant l’entrée du Okura Garden Hotel pendant que mon insider se demandait ce qu’il avait fait de mal. Le happy ending est que nous avons eu une 2ème chance et que Coca-Cola fait désormais partie de nos 5 plus gros clients.

Comment et où te vois-tu dans 5 ans ?

Nous ouvrons à Marrakech au mois de septembre et les projets à l’international se précisent. Je nous vois donc présents en Asie du Sud-Est et en Afrique d’ici 2 ans. Quant à ce qu’il va se passer dans 5 ans, cela fait trop longtemps que je suis en Chine pour réfléchir aussi loin.

Merci à Thomas pour avoir pris le temps de répondre à nos questions!

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