Les sports d’hiver en Chine

 

Intérêt des Chinois, potentiel naturel, investissements massifs… les sports d’hiver sont encore confidentiels à l’échelle du pays, mais le ski y est promis à un grand avenir. Petit guide pour ne pas rater l’occasion de glisser à la chinoise.

 

Si vous cherchez les champs de poudreuse, les pentes vertigineuses et les domaines skiables gigantesques… vous vous êtes trompés de pays. En dépit d’un développement explosif ces dernières années, le ski est un loisir neuf en Chine, et la majorité des stations sont construites sur des collines à proximité des centres urbains.

Les débutants y trouveront leur compte à un coût abordable, et les skieurs confirmés pourront se rabattre sur les quelques stations de taille moyenne, où la glisse est plaisante sans poser trop de difficultés techniques. En attendant que les promoteurs réalisent leurs rêves, concurrencer les Alpes et les Rocheuses en domptant les pentes himalayennes, le ski chinois propose quelques beaux domaines, et des stations à l’atmosphère chaleureuse.

« Les Chinois font du ski »

Plus de temps pour les vacances, plus d’argent pour les loisirs, plus d’envies de découvrir… ce sont bien sûr les classes les plus aisées qui s’intéressent aux sports d’hiver. Elles y recherchent des sensations nouvelles, mais surtout l’occasion de se retrouver loin de la grisaille des villes, en famille ou entre amis.

Entre le ski et l’Empire du milieu, l’histoire est donc naissante, mais le futur est certain. Chasse-neige le matin et hôtel de luxe l’après-midi, les riches Pékinois ont déjà pris leurs habitudes dans les stations régionales – Nanshan et autres Wanlong – qui débordent entre Noël et le Nouvel an Chinois. D’autres poussent le ski dans plusieurs province du Nord et de l’Ouest, pour s’offrir des vacances à l’occidental.
Les promoteurs, eux, préparent l’avenir et financent des projets pharaoniques dans les montagnes du Heliongjiang ou du Sichuan. Certains sont déjà sortis de neige, les autres devront suivre le train : d’ici 10 ans, 20 millions de Chinois feront du ski (Voir le reportage « Les Chinois font du ski »)

 

Ski Chine

Les stations sont équipées pour une clientèle plus curieuse que sportive : Les dénivelés sont faibles, les pistes se déguisent en larges boulevards… et dans des régions souvent marquées par la sécheresse, les canons s’occupent souvent de la neige fraîche. Mais tout n’est pas noir sur le manteau blanc : les remontées mécaniques sont modernes, des professeurs sont disponibles pour tous les âges, et les plaisirs varient du snow-park au restaurant d’altitude en passant par les tours de traîneau. En basse saison (novembre/décembre, et à partir de fin février), les stations sont peu fréquentées, et il n’est pas rare d’apprécier une glisse en solitaire sur les pistes les plus techniques.

Côté budget, vous pourrez vous en sortir sans trop de bosses. La location d’équipement est très abordable, le prix des forfaits raisonnables (250 yuans la journée tout de même), surtout si vous vous y prenez à l’avance, et par groupe. Côté transports, les bus ordinaires relient les stations aux grandes villes à moindre coûts, mais il est parfois judicieux d’opter pour les navettes des hôtels de luxe, pas beaucoup plus chères, et qui ne vous obligent pas à y prendre une chambre.

Attention aux hébergements et restaurants en station, souvent hors de prix : faites plutôt quelques kilomètres pour prendre une chambre dans un village des alentours.

Dans les environs de Pékin :

N’en déplaise aux Shanghaïens ou aux Cantonais, les pistes de ski nécessitent des hiver rudes, et de ce côté là, Pékin est mieux servi. Beaucoup de stations sont accessibles pour la journée depuis la capitale. Comptez trois quarts d’heures de transports pour les plus petites, et jusqu’à 4h pour des sensations plus sérieuses.

Pour un Week-end... Plébiscitée par les skieurs les plus expérimentés, Wanlong (1) est situé à 250 kilomètres de Pékin (3h30 de route), près de la ville de Zhangjiakou, au nord du Hebei. Elle compte actuellement 22 pistes, qui permettent de skier à tous les niveaux, et, à 2200m, de la vraie neige agrémente celle des canons pendant plusieurs mois par an. Attention à ne pas confondre avec Wanlongbayi Ski Resort, plus proche de Pékin mais réservée aux débutants. Tout près de Wanlong, la station de Duolomeidi (1) présente les même qualités, mais est pour le moment moins développée… et plus tranquille.
Y aller de Pékin : en train pour Zhangjiakou puis navette. Bus depuis Yongdingmen ou Xizhimen vers Zhangjiakou, puis vers Chongli. Direct vers Chongli à 7.30 à la gare des bus longues distances de Beijiao. L’hôtel 4 étoiles I-Snow propose des navettes pour Duolomeidi

Pour le snowboard, ou pour la journée… Très populaire auprès des expats et des riches Chinois, Nanshan (6) s’est imposée grâce à sa proximité du centre (Miyun, à 65 kilomètres de Pékin), et ses équipements modernes. SnowPark, Half-Pipe, kickers, pistes tous niveaux… bien que la neige soit artificielle, la station ravira les débutants, et évoquera de bons souvenirs aux skieurs intermédiaires. Les logements y sont chers, mais des événements (festival, carnaval, soirées) y sont souvent organisés. Attention : qui dit succès dit file d’attente aux remontées mécaniques, surtout dans le mois entourant le Nouvel An Chinois. La station de Jundushan (4), un peu plus petite, est encore plus près (30 km du centre).
Y aller depuis Pékin : Des bus (30RMB aller retour) font la navette depuis Wudaokou et Sanyuanqiao

 

Pour la photo… Skiez sur la Grande Muraille à Huabei International Ski Resort (5). Ou plutôt à côté : les 6 pistes douces ont vue sur les tourelles de la merveille de Chine. Accessible, pas chère, un bon moyen de dire « J’ai skié en Chine », photo à l’appui. Les pistes décevront les puristes, mais de nombreuses activités sont proposées : motoneige, ski de nuit, traineau…
Y aller depuis Pékin : navette à la demande, ou taxi (moins d’1h de route)

Le ski indoor… Le Yinqixing Indoor Skiing avait pendant des années comblé les Shanghaïens en mal de neige, mais est aux dernières nouvelles fermé pour réparation.
Canton a annoncé la plus longue piste de ski intérieure du monde, sans toutefois donner de date, et à l’heure actuelle, les méridionaux doivent prendre l’avion pour fouler la neige.
Reste donc encore une fois Pékin, et son Qiaobo Ice and Snow World (9), du nom du premier Chinois à avoir gagné une médaille aux Jeux olympiques d’hiver. Deux pistes, un petit snowpark, des professeurs… Pour les débutants effrayés des grands espaces ou les curieux au porte-monnaie garni.

Ailleurs en Chine

Beaucoup de stations sont difficilement accessibles, mais pour des séjours d’une semaine, le billet d’avion sera bien investi. Dans le Heilongjiang, le Jilin, le Sichuan ou la Mongolie-intérieure, vous trouverez de quoi satisfaire vos envie de neige fraîche. Rien de comparable aux stations alpines, mais quelques bonnes surprise, et d’autres sont à venir.

yabuli

La station Sun Mountain, à Yabuli
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Le Heilongjang est une des provinces de Chine les plus développées pour les sports d’hiver. La plupart des stations sont petites et se trouvent à quelques encablures de Harbin (G), mais certaines remportent du succès auprès des connaisseurs. C’est notamment le cas de Yabuli (H), une petite localité devenu capitale chinoise du ski, alors que beaucoup de forums lui octroient le titre de « meilleure station de Chine ». La ville est entourée de 3 domaines skiables, dont un exploité par le Club Med, et c’est la base d’entrainement principale des équipes chinoises de ski. Les stations sont ouvertes de novembre à avril, mais évitez janvier et début février: il peut faire très froid dans le Heilongjiang.
Y aller : Yabuli est accessible en train depuis Mudanjiang ou Harbin, où les avions atterrissement, un train direct existe depuis Pékin.

En attendant l’ouverture complète de la station de Chanbaishan (F), à la frontière nord-coréenne, Beidahu (E) est le plus grand domaine skiable de la province du Jilin. Il est réputé pour la qualité de sa neige, son environnement superbe, et les possibilités de ski en forêt, malgré le peu de remontées mécaniques. D’autres petites stations sont accessibles depuis Jilin ou Changchun.
Y aller : il vous faudra aller à Changchun en train ou en avion, puis jusqu’à la ville de Jilin (1h30 de route) en transport en commun ou privé, avant de rayonner grâce aux navettes des stations.

La Mongolie-Intérieure a elle aussi quelques stations réputées, notamment l’Alshan Alpine Skiing Resort (D), près de la frontière mongole. Là aussi, la neige est bonne, et tient tard dans l’année. Là aussi, des équipes professionnelles s’entraînent. Alshan a longtemps rivalisé avec Yabuli pour le titre de meilleure station de Chine, mais du fait de son isolement, elle n’a pas connu le même developpement ces dernières années. Vous n’en serez que plus tranquille.
Y Aller : 3-4 heures de route depuis Ulanhot ou Hainar, que l’on atteint en avion ou en train.

Quelques stations dans le Sichuan et le Yunnan, qui restent décevantes dans ces régions très montagneuses. Xiling (C) est l’exception la plus notable, et présente l’avantage d’être facilement accessible depuis Chengdu (120 kilomètres). Le domaine est assez grand, les équipements neufs, et vous pourrez contempler les pics de plus de 5300 mètres qui avoisinent la station.

Même constat pour le Xinjiang, qui présente un fort potentiel, mais qui n’abrite que quelques petites stations aux alentours de Urumqi (B)… en attendant la prometteuse Ping Tian.

 

Le ski à la Chinoise, c’est une expérience unique, même si le pays reste largement sous-équipé vis-à-vis de son potentiel de glisse. Ce qui n’empêche pas certains hardeurs de la poudreuse de se lancer à l’assaut des montagnes himalayenne (sur cette vidéo au Tibet)

 

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