Les vieilles filles  en Chine sont appelées « Sheng Nu »

Dans les grandes villes chinoises, de plus en plus de jeunes femmes restent célibataires après 25 ans. Baptisées péjorativement « Sheng Nu », « celles qui restent », comment ces jeunes femmes vivent-elles leur situation, entre émancipation et pression de la société ?

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Histoire d’une Shengnu

Originaire de la province du Henan, elle est arrivée à Pékin il y a dix ans pour faire ses études et travaille aujourd’hui comme directrice marketing pour une société allemande. Pendant six ans, elle a vécu avec un américain, rentré depuis aux Etats Unis poursuivre ses études, emmenant avec lui ses promesses de mariage. Depuis la jeune femme enchaine les relations sans lendemain peu satisfaisantes avec des étrangers pour qui elle a l’impression : « de n’être qu’un fantasme». Inquiets du célibat prolongé de leur fille, ses parents ont arrangé des rencontres avec des prétendants chinois bien sous tout rapports, Xue Li a préféré repousser leurs avances, ne se sentant pas encore prête à renoncer à son insouciance et à sa liberté.

Cette dernière n`est pas un cas isolé. L’âge moyen du mariage n’a cessé de reculer dans les grandes villes chinoises ces dernières années– il était de 21,8 ans pour les femmes en 1985 contre 26,1 ans en 2007. Un sondage très médiatisé publié en 2010 par la Fédération chinoise de la femme faisait état de 180 millions d’hommes et de femmes célibataires en Chine. Si la situation des hommes ruraux ne trouvant pas d’épouse inquiète, dans les villes ce sont les centaines de milliers de femmes célibataires qui sont devenues un véritable phénomène de société et un problème à résoudre pour le gouvernement et les familles.

Des femmes « égocentriques et modernes »

Le principal reproche fait à ces femmes souvent éduquées et indépendantes financièrement : être trop « égocentrique », « moderne » et d’une manière générale avoir des attentes trop élevées. Une analyse que confirme en partie qu’une jolie célibataire de 31 ans arrivée à Pékin il y a deux ans après des études en France et au Japon. « Nos parents nous ont poussé à faire carrière et à gagner beaucoup d’argent, mais aussi à avoir des attentes très élevées en terme de mariage » déclare -t-elle.

Des attentes qui se heurtent à la réalité des hommes chinois, encore très traditionnels. « Lorsque les femmes de ma génération finissent leur études et sont prêtent à se marier, elles ont déjà 26 ou 27 ans », explique Chan Juan. « Mais les hommes de leur âge préfèrent souvent des femmes plus jeunes, et acceptent difficilement qu’une femme soit plus éduquée, plus grande, ou gagne plus d’argent ». En dehors des divorcés, il reste donc peu d’hommes sur le marché. Comme Xue Li, Chan Juan a accepté d’aller à une dizaine de rendez vous arrangés par ses parents, avant de déclarer qu’on ne l’y reprendrait plus « A 30 ans on a déjà une idée assez précise de ce que l’on cherche, et ces rendez vous sont une perte de temps» déclare-t-elle.

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La solution Occidental

Reste l’option d’épouser un homme étranger, pour peu que l’on parle une autre langue. Si Meng, 25 ans, qui a fait ses études en France, se dit attirée par les hommes étrangers, là aussi la concurrences est rude. Les sites tels que dateinasia.com, ou asiamatchonline.com sont remplis de profils de femmes chinoises à la recherché d’hommes occidentaux, ces derniers n’ayant que l’embarras du choix.

Ambitieuses, indépendantes, exigeantes, ces « sheng nu », symbolisent les contradictions de la société chinoise contemporaine, tiraillée entre conformisme et aspirations individuelles. Alors que les nouveaux contours du pacte social et familial se dessinent actuellement, l’émancipation des femmes inspirée du mode de vie à l’occidentale ne fait que commencer, face à des traditions dont le poids demeure fort.

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