La révolution du Football chinois a t-elle eu lieu ?

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En 2012 nous parlions d’un nouvel Eldorado, d’une terre propice au développement du football, attirant de grandes stars internationales.

Qu’en est-il aujourd’hui ?

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Des moyens financiers quasi illimités?

La Chine a vu son nombre de milliardaires croître ces dernières années. Certains d’entre eux sont de véritables fans de football ! Sur les 16 clubs chinois les plus connus, 14 appartiennent à des entreprises privées.

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Ces riches propriétaires chinois n’hésitent pas à sortir leur chéquier pour attirer les stars internationales. La super league chinoise se classe parmi les dix dépensant le plus d’argent pour des joueurs étrangers.

Ainsi en 2012, nous avons pu voir évoluer sur les pelouses chinoises Concas, Anelka, Drogba, Kanuté, Yakubu, Keita, Barrios, Perrea…

Mais c’est certainement le club Guangzhou Evergrande qui a le mieux dépensé son argent en versant à l’entraîneur italien Marcello Lippi un salaire annuel de 10 millions d’euros. Mettant l’ego des joueurs au vestiaire, il leur a permis d’accéder au poste de Champion lors de la Coupe de Chine en 2012. Pour rester en tête du classement, le club cherche maintenant à dénicher de nouveaux talents chinois car il faut bien de bons joueurs pour faire la passe aux stars internationales !

Cependant, même si le club affiche de bons résultats, l’engouement des Chinois pour leur championnat manque à l’appel…

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L’échec de la révolution du foot en Chine ?

Si les moyens financiers des clubs de foot chinois semblent illimités, il semble qu’un chéquier ne suffise pas à fabriquer un championnat. L’Eldorado dont nous parlions en 2012 n’était-il qu’éphémère ?…Aujourd’hui le constat d’échec s’impose pour plusieurs raisons.

• L’instabilité des clubs chinois:

La culture du football à du mal à naître de part l’instabilité qui règne au sein de ce sport en Chine. Les clubs changent fréquemment de propriétaires souhaitant tous apporter leur touche personnelle : changements d’appellations, de villes de résidence, modifications des logos, de couleur de maillot… Comment un club peut-il obtenir des résultats sur le long terme avec autant de changements ?

De plus, cette instabilité est loin d’attirer l’engouement populaire car malgré les investissements colossaux de la saison 2012, la Chinese Super League s’est terminée avec une affluence moyenne de 18 000 spectateurs (soit seulement 6% de croissance par rapport à l’année passée)

• Des problèmes de formation :

Pour la majorité des clubs la formation des jeunes joueurs locaux n’est pas une priorité. Les écoles de foot passent après les stars étrangères en termes d’investissement : Elles sont trop peu nombreuses et pas assez performantes pour former de nouveaux talents locaux. La plupart des joueurs de ligue chinoise n’ont pas les acquis physiques, techniques et tactiques du football de haut niveau et les clubs dépendent trop des performances des stars étrangères.

• Des scandales de corruption à répétition :

L’image du football en Chine est ternie par trois ans de scandales à répétition qui ont vidé en partie les tribunes des stades…

En 2009, la Chine s’est lancée dans une vaste opération de lutte contre la corruption dans le football. Depuis les accusations pleuvent et de plus en plus de scandales éclatent au grand jour: des dizaines d’arbitres, de responsables de clubs, d’entraîneurs et de joueurs ont été accusés d’avoir participé à un vaste réseau de matchs truqués et de paris illégaux. Certaines places au sein de l’équipe nationale auraient même étaient vendues à quelques joueurs.

En 2012, deux anciens présidents de la Fédération chinoise de football, Nan Yong et Xie Yalong, ont été condamnés à dix ans et demi de prison pour avoir accepté des pots-de-vin et participé à des truquages de matchs. Ils devront également s’acquitter d’une amende de 200 000 yuans (25 000 euros).

L’ancien directeur de l’équipe nationale, Wei Shaohui, a également été condamné à dix ans de prison pour des raisons similaires. Il en va de même pour l’ancien chef de la commission des arbitres de la Fédération chinoise de football, Li Dongsheng, qui a écopé de neuf ans de prison pour détournement de fonds.

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Quatre anciens joueurs internationaux, Shen Si, Qi Hong, Jiang Jin et Li Ming, ont été condamnés à des peines supérieures à cinq ans d’emprisonnement et de 500 000 yuans d’amende (62 650 euros) pour avoir laissé perdre leur équipe afin d’en sauver une autre de la relégation en 2003. Ils touchèrent un total de 8 millions de yuans (1,1 million d’euros).

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Plus récemment, de lourdes amendes et des points de handicap pour la prochaine saison de Chinese Super League ont été attribué à plusieurs clubs dont les célèbres Tianjin Teda et Shanghai Shenhua. Ce dernier est également déchu de son titre national remporté en 2003.

• Un Eldorado rapidement décevant

Les salaires mirobolants ne semblent pas compenser le faible challenge sportif et l’ensemble des bouleversements l’expatriation entraîne en Chine. De plus, l’instabilité des clubs n’est pas rassurante, certains joueurs reviennent sur leurs choix…

Ainsi, le départ précipité de Nicolas Anelka et de Didier Drogba résonne comme un fiasco en Chine. Ils auront évolué moins d’un an dans le championnat au sein du club Shanghai Shenhua avant de quitter le pays, Anelka pour le Juventus FC et Drogba pour le Galatasaray SK.

Un désaccord entre Zhu Jun, le propriétaire du Shanghai Shenhua, et ses actionnaires serait à l’origine de leur départ. Détenant 28,5% du capital du club, il en revendique 70% pour obtenir la majorité du contrôle qui, selon lui, lui a été promise lors de son arrivée dans le club en 2007. Les actionnaires refusant de lui vendre leurs parts, le milliardaire n’aurait tout simplement pas versé aux joueurs leurs salaires.

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Un espoir pour le football chinois ?

Le nouveau président chinois, Xi Jinping suscite beaucoup d’espoirs. Fan de football, il a de grandes ambitions pour ce sport. Il fixe comme objectif à la Chine d’organiser la Coupe du monde de 2026, après le Brésil en 2014, la Russie en 2018 et le Qatar en 2022. De plus, il vise à mettre en place une politique de développement du sport ambitieuse pour tenter à faire de l’équipe de Chine l’une des tenantes du titre.

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Un second espoir pour redorer le blason du football en chine est le support de David Beckham. La nouvelle star du Paris Saint-Germain est devenu l’ambassadeur de la Chinese Super League.

Sa mission est de populariser ce sport auprès des jeunes :

« C’est aussi simple que ça. Je ne suis pas ici pour faire le ménage. Je suis ici pour éduquer les enfants et leur donner une chance de devenir des footballeurs professionnels », a-t-il expliqué lors d’une conférence de presse en Chine, jeudi 21 Mars.

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« Son arrivée attirera l’attention internationale sur le football chinois, et son engagement personnel aidera le football chinois à devenir plus international« , a indiqué la CSL

Pour conclure, le football en Chine n’en est qu’à ses débuts. La lutte contre la corruption menée par le gouvernement prouve sa bonne volonté à créer et développer une structure saine.

La Chine sera-t-elle capable d’accueillir la coupe du monde de football en 2026 ?

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