La Chine branchée

Dans cet article je faire un petit résumé d’un livre – « La Chine branchée » de Véronique Michel – que je recommande à toute personne qui souhaiterait découvrir ce qui est selon moi la facette la plus intéressante de la Chine contemporaine: l’impact de la digitalisation et des réseaux sociaux sur les relations humaines. Depuis la France, la Chine et les chinois pâtissent  trop souvent d’une image obsolète, d’une image d’Epinal qui ne correspond plus du tout à la réalité.

Contre tous les clichés sur la Chine issus d’un goût de l’exotisme, Véronique Michel offre au lecteur un voyage initiatique au coeur de la Chine contemporaine (la vraie !) . Je vais dresser un rapide panorama des thèmes abordés dans son livre.

 

Les « tribus » en Chine

 

A l’âge des réseaux sociaux des millions de personnes se regroupent en fonction de leur mode de vie (leur travail, leur façon de parler etc). Voici quelques tribus sur lesquelles se penche Véronique Michel:

 

1) Les « fáng nú »: les « esclaves de l’emprunt logement »

 

esclave emprunt logement

Cette expression est issue d’une série télévisée intitulée le « logis escargot ». On y montre le parcours du combattant pathétique des cols blancs qui veulent devenir propriétaires.

2) Les « câoméi zú »: les « fraises »

 

les fraises

 

Mot d’origine taiwanaise pour désigner les jeunes cadres sensibles au stress qui revendiquent leur épanouissement personnel. Ils sont travailleurs mais le stress les rebute. Ils ont été associés aux fraises, belles et fragiles qui nécessitent un environnement doux pour s’épanouir.

 

3) Les « haiguí »: les étudiants d’outre mer

 

Tortues des mers

 

On les surnomme parfois de façon sarcastique les bananes (jaunes à l’extérieur, blancs à l’intérieur). Si après avoir passé leurs études à l’étranger ils reviennent pour faire une meilleure carrière dans le pays de leurs ancêtres on les surnomme alors « tortues marines ».

 

Les hommes chinois

1) L’homme accessible: Jingjì shìyòng

l'homme abordable

 

Caractérise ces hommes traditionnels en Chine (machisme en moins) qui sont aux petits soins pour leurs épouses. Ils leur confient leur salaire, ils cuisinent… bref la bonne vieille valeur sûr.

2) L’homme « herbivore »: shícâo nán

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L' »herbivore » a rejeté les valeurs de l’homme « carnivore » (entreprenant et machiste) qui caractérisaient les générations d’hier. Il est l’égal de la femme avec qui il est plus confident qu’amant. Une expression a fait le buzz pour définir ce nouveau type d’homme: shèn ma dou shi fu yun (« Tout flotte comme les nuages »). Cette expression signifie que rien n’a vraiment d’importance.

 

3) L’homme « phoenix »: fenghuáng nán

 

phoenix

 

 

C’est un chinois originaire d’une zone rurale pauvre qui a un peu réussit professionnellement et vit en ville. Il soutient financièrement sa famille restée à la campagne. Les chinois soulignent les déboires que peut rencontrer l’homme phénix lorsqu’il sort avec une femme paon. On va voir tout de suite de quoi il s’agit  😉

 

Les femmes chinoises

1) La « femme paon »: kongquè nü

 

Femme Paon

Fille née avec une cuillère en argent dans la bouche, avec des parents pour qui elle est le centre de toutes les attentions.Elle devient une femme insouciante, exigeante mais souvent à sens unique…

 

2) La « femme qui reste »: shèng nü

 

Sheng nu

 

En Chine, où la pression est exacerbée par l’enfant unique, les jeunes femmes toujours célibataires après 27 ans subissent les sarcasmes de la société, qui les surnomment les « sheng nu », c’est-à-dire « celles dont on ne veut plus » ou littéralement « les femmes qui restent » comprenez… sur le carreau !!! Ce phénomène culturel fait la joie et surtout la fortune des clubs de rencontre qui fleurissent à travers le pays.

 

3) La femme sans qualité

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Cette expression a pour origine une série coréenne « Je m’appelle Kim Sam-Soon »dont le personnage principal est une femme banale qui a fini par incarner l’image de la célibataire trentenaire. C’est non pas « la femme qui n’a rien pour elle » mais plutôt « la femme qui n’a rien » (entendez rien de particulier). Insipide elle fait penser à un plat de pâtes sans sauce. Mais la femme sans qualité est une valeur montante en Chine car on lui prête douceur et gentillesse.

Le couple chinois

Le cupidon chinois

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Malgré l’influence de l’étranger certaines traditions ne se perdent pas. Par exemple  le « Cupidon » chinois n’est pas un jeune angelot qui décoche des flèches pour unir les amants mais un vieillard qui attache les chevilles des futurs époux à l’aide d’un fil de soie rouge…

 

Le couple « DINK »

DINKWAD

 

C’est un acronyme américain pour dire Double Income No Kids pour qualifier les couples heureux sans enfants. Le terme est décliné:

DINKWAD (Double Income No Kids With A Dog)

DINS (Double Income No Sex)

 

Le langage SMS made in China

 

Alors que les jeunes Français utilisent un langage sms fait d’abréviations et truffé de fautes d’orthographes  « slt cmt tu va ? » « lol » « xptdr », les jeunes Chinois utilisent des messages codés à base de chiffres. En mandarin la plupart des chiffres se prononcent comme des caractères chinois, ce qui permet d’envoyer des messages cachés. Ainsi, 4242 signifie « d’accord ! », 521  « je t’aime » et 886  « Bye bye ».

 

Les buzz Internet dans le langage quotidien

 

Des expressions de la vie quotidienne sont issues de vidéos virales qui ont été vues par des millions de personnes. Une vidéo avait fait le buz en montrant un passant interviewé par un journaliste qui avait déclaré « je vais acheter de la sauce soja » pour ne pas avoir à répondre. La phrase est depuis restée dans le vocabulaire de tous les jours.

Humour chinois (extraits)

 

« Si Adam et Ève avaient été chinois, le monde eut été différent. Pourquoi ? Ils auraient mangé le serpent et non la pomme… »

« La femme de 20 ans est comparable au rugby: à sa vue, une foule d’hommes courent derrière le ballon. La femme de 30 ans est comparable au basket-ball: quelques hommes courent derrière le ballon. La femme de 40 ans est, quant à elle, comparable à une balle de ping-pong: lancée par l’un et renvoyée par l’autre. Enfin, la femme de 50 ans est comparable à une balle de golf: plus loin on la dégage, mieux on se sent »

« Je préfère pleurer dans une Mercedes-Benz plutôt que rire sur ton vélo »

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On peut acheter cet ouvrage sur Amazone

Conclusion: ce livre est l’occasion pour tous les curieux de découvrir la Chine 2.0, celle de la génération 90 et 2000. Il permettra également à tout étudiant en chinois de découvrir la richesse de cette langue à l’inventivité de la contreculture chinoise en terme de codes verbaux.  A quand un tome 2 ?

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Olivier

Marketing Chine