Alors que l’époque où tous les Chinois avaient un « bol de riz en fer » est loin, la concurrence est désormais rude pour les emplois à vie fournis par l’État.

 

Le « bol de riz en fer » – métaphore utilisée pour décrire la sécurité de l’emploi à l’époque maoïste – est toujours très prisé en Chine. Mais en 2012, rares sont ceux qui y ont accès.

En Chine , le chômage

Le taux de chômage est officiellement de 4,1 % dans les grandes villes chinoises, le chiffre réel est sans doute plus élevé. « Le taux de chômage officiel, qui reste bizarrement proche des 4 % même dans les plus gros creux économiques et dans les périodes les plus fastes, n’est pas un indicateur fiable », confirme le Wall Street Journal.

De leur côté, ceux qui trouvent un emploi sont souvent confrontés à la précarité et à des niveaux de salaires bas. C’est le cas de Tong Peng, diplômé en juin dernier d’une université de « troisième rang » de Harbin.

 

Balayeur de rue, une carrière prisée

« Au début, il pensait que cela ne serait pas difficile pour un diplômé comme lui de trouver un emploi, raconte le journaliste. Mais par la suite, un échec après l’autre, « ce qui {lui} restait de dignité s’est effrité. Il a changé trois fois de travail en six mois. (…) Son sentiment le plus prégnant était la précarité. Les salaires de moins de 1000 yuans par mois lui faisaient perdre espoir dans le futur. »

C’est pourquoi, lorsque sa mère est entrée dans sa chambre en brandissant un journal annonçant que la vile de Harbin recrutait des balayeurs de rue en CDI, « il ne s’est pas senti le courage de refuser », d’autant que, lui a-t-elle expliqué, « comme tu travailleras pour le gouvernement, tu auras une situation aussi longtemps que l’Etat subsistera. »

Apparemment, Tong Peng n’a pas été le seul à se laisser tenter. Le Nanfang Zhoumo explique que pour les 457 postes de balayeurs en CDI à pourvoir, plus de 10 000 personnes ont postulé, parmi lesquelles 2954 titulaires d’un diplôme de Master.

Selon l’hebdomadaire, les personnes qui ont la chance d’être employées en CDI par des services publics tels que l’administration à laquelle a postulé Tong Peng ont non seulement la sécurité de l’emploi, mais aussi une retraite conséquente. Le sociologue Sun Liping explique au journaliste qu’en 2006, leur pension était équivalente au double des travailleurs du privé, et que l’écart s’est creusé depuis.

Un manque de sérénité de la société chinoise

« Les postes de la fonction publique n’étaient pas si attirants à l’époque du début de la réforme et de l’ouverture de la Chine. Dans des grandes villes, la fonction publique dans les départements gouvernementaux de base ressemblait à celle des ouvriers des usines. Certains préféraient même travailler comme ouvriers », rappelait récemment le Quotidien du Peuple. Mais les temps ont changé, et le journal rapporte qu’au dernier concours de recrutement de la fonction publique, le nombre de candidats a battu un record historique.

la Chine compte 2 millions de prétendants à la fonction publique

fonction publique

« La concurrence acharnée du concours des fonctionnaires témoigne d’un manque de sérénité de la société chinoise, conclut l’auteur. Pour y remédier, il faut renforcer l’égalité sociale pour que chacun ait le même accès aux opportunités. Ainsi, même si une personne perd une opportunité, {il faut} qu’elle puisse vivre avec décence ».

Relations Chine

 

Commentaires de français trouvé sur des forums.

L’exemple cité est typique. Ce n’est pas que la fonction publique attire les jeunes chinois, ce sont très souvent les parents qui poussent leurs enfants dans cette voie que les jeunes trouvent souvent ennuyeuse et offrant peu de perspective d’enrichissement (je veut dire, les jeunes qui ne sont pas pistonnés).

Mais selon les parents, travailler pour l’état, c’est une garantie d’avenir prédictible. C’est un choix raisonnable.

Sinon, ces diplômés-balayeurs me font penser à des jeunes français travaillant de nuit sur chaine en interim avec une maîtrise

C’est clair. Mais bon, les pauvres, ils n’ont pas la liberté de se rassembler pour crier contre leur gouvernement dans les rues, laissons leur de bonne grâce la désinvolture de laisser paresseusement tomber les papiers gras.

 

Ne cherchons pas trop d`excuses aux gens tout de même.

Que ce soit en France ou en Chine, une ordure jetée par terre (a fortiori dans la nature), c`est un comportement non-civilise.

PS : il y a des balayeurs en France aussi.

 

Disons qu’en France jeter un détritus à la poubelle est une obligation morale alors qu’en Chine c’est un acte de secondaire de politesse. Et encore…

Et encore. Quand, dans une ville donnée, personne ne le fait, on peut se poser la question. En effet, une impolitesse ou une incivilité qui ne dérange personne dans une cité relève vraiment du détail mineur et négligeable.

Exemple de situation, vous marchez avec quelqu’un sur un trottoir en déballant une denrée, si vous vous écartez de votre comparse le temps d’un détour vers la poubelle, vous passerez sans doute en Chine pour moins civilisé que si vous continuez proche de la personne avec qui vous discutez en laissant négligemment tomber votre détritus. Et si vous mettez le déchet dans votre poche pour le jeter plus tard, là, on va vraiment vous regarder de travers. Il faut expliquer son geste, le justifier et alors, pour vous être agréable, votre comparse fera sans doute de même en votre présence tout en pensant que vous êtes bien bizarre.

Je n’arrive pas non plus à m’y faire. Comme vous tous sans doute j’ai été bien dressé. Mais juger le caractère civilisé ou non d’une personne sur un tel critère en Chine me semble une erreur.

 

Peu importe le pays, quelqu’un qui jette son merdier par terre, a fortiori quand la poubelle est à portée de bras, c’est un gros sale. Civilisé ou pas, ce n’est pas la question : la question, c’est propre ou pas propre.

En Chine ce qui est marrant, c’est les contradictions :
– les gens qui prennent les nongming pour des malpropres en toutes circonstances, mais qui ne se comportent pas mieux dans leur propre ville.
– les gens qui gueulent dès qu’une usine balance des saloperies dans une rivière, mais qui ne font pas mieux à leur échelle.

 

Bien entendu, on ne peut pas mettre tout le monde dans le même sac. Mais si j’avais reçu 1Yuan à chaque fois que j’ai vu quelqu’un balancer son merdier par la fenêtre, sur la route, sur le trottoir, par dessus le pont, dans le buisson, dans la mer, sur la plage, sur le pallier de sa porte ou de celle du voisin, dans la corbeille du vélo qu’est garé juste à côté, etc., je pourrai prendre de belles vacances aux frais de la princesse… euh non, aux frais des gros sales.

 

sources:

  1. amour Chine
  2. Bonjourchine
  3. chine-nouvelle.com
  4. Nanfang Zhoumo
  5. Ce blog