Baidu est le moteur de recherche leader en Chine. Le géant chinois qui obtient ses revenus grâce au système de recettes publicitaires, fait déjà connu de tous. Cependant, la relation qu’entretient Baidu avec les hôpitaux chinois est moins connue.

Une Mine d’or pour Baidu

Baidu logo

Selon un rapport de JP Morgan Chase, le secteur des hôpitaux chinois, de Putian notamment, qui fait appel à Baidu pour le référencement payant représenterait le plus gros client du secteur médical avec ceux du e-commerce et de l’éducation puisqu’il aurait contribué de 5% à 12% des recettes totales (49 milliards de yuans) du moteur de recherche chinois en 2014, soit près d’un quart des 7.9 milliards de dollars perçus.

D’autres sources estiment qu’il s’agirait plutôt d’une contribution de 12 milliards de yuans sur les 26 milliards de yuans de revenus publicitaires rapportés par Baidu au printemps 2015.

Une mine d’or pour Baidu que La Chambre de Putian, l’association regroupant les hôpitaux de la ville du même nom, s’est résolue à fermer, du moins momentanément. Ayant appelé au Boycott de Baidu en mars dernier, l’association refuse de le payer, estimant que les prix demandés sont exorbitants, et augmentent sans cesse.

Les Exces de Baidu

Baidu serait en effet passé de 600 yuans par clic, montant qui fut déjà l’objet de protestations en 2011, vite étouffées, pour passer à 999 yuans l’année d’après et être aujourd’hui dans une fourchette de 2000 à 5000 yuans par clic.

Ces revendications sont contrebalancées par les déclarations du moteur de recherche qui s’estime spolié en raison de son refus à référencer certains hôpitaux de Putian présentant des plaintes de clients ou ayant violé la réglementation industrielles ( ce qui représente près de 60% des centres hospitaliers de Putian).

En gros, il s’agirait d’une vendetta selon Baidu, sans qu’il ne nie directement les prix pratiqués pour ses services publicitaires.

Une guerre intestinale qui a pris des allures de pugilat public puisque les deux poids lourds se sont affrontés par médias interposés, sur Sina Weibo notamment, s’accusant mutuellement d’intimidations, d’extorsions et autres mots en « ions ».

santé

 La santé a un prix (en Chine) 

Seulement quelques membres de la Chambre de Putian, c’est-à-dire les investisseurs des hôpitaux, ont révélé que les prix exigés par Baidu les poussaient à accroitre de manière significatives les prix des consultations, soins et même médicaments afin d’arriver à payer le moteur de recherche.

Des médicaments à 10 yuan vendus 400 yuans dans certains de ces hôpitaux et des consultations à 2000 yuan chacune pour rentrer dans les frais ont mis le feu aux poudres. Or si ces prix excessifs provoquent l’hydre de certains membres du corps médical poussés par les investisseurs à les pratiquer, qu’en est-il des patients ?

Cette guerre ne concerne pas seulement des géants de l’industrie mais touche directement la population chinoise, vite oubliée par Baidu et les investisseurs.

En effet, certains analystes estiment que Baidu cherche seulement à améliorer son image dont sa crédibilité a été mis à mal, en supprimant de ses résultats les hôpitaux qui ont une mauvaise réputation.

Cependant l’association ne souhaite pas mettre fin au référencement payant mais renégocier les prix publicitaires.
Et en l’absence d’un autre moteur de recherche aussi dominant que Baidu sur le marché chinois, et prenant en compte la puissance du secteur hospitalier malgré les dernières baisses, cela représente un compromis obligatoire pour les deux parties.

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