La Chine et le bio

La Chine a mis en marche sa révolution verte. Elle multiplie les actions via l’établissement de lois de réglementations en faveur de la protection de l’environnement : économie du recyclage, énergies renouvelables, lutte contre la pollution … De même, le bio commence à entrer dans les pratiques de production chinoises. Face aux discours tantôt sceptiques, tantôt optimistes, il est intéressant de comprendre où en est la Chine vis-à-vis de cette démarche à la fois écologiques, économique et politique. Acheter, consommer ou exporter des produits bio en Chine continentale ?

 

1-Évolution du marché des produits chinois aux produits bio

 

1 Ouverture du marché chinois aux produits bio

Le marché chinois des produits biologiques a connu un développement record ces dix dernières années. Avec près d’un quart de la population mondial à nourrir et seulement 7% des terres arables au monde, le Ministère de l’Agriculture chinois (MOA) était, pendant plusieurs années, peu enclin aux principes de la production biologique. Plusieurs facteurs vont cependant pousser les autorités chinoises à revoir leur jugement jusqu’à faire du pays l’un de plus importants producteurs de produits organiques. Premièrement, l’éclatement de scandales alimentaires et de pollutions sévères, a terni un peu plus fortement l’image du « made in China ». Deuxièmement, le gouvernement chinois ne comptait pas passer à cote des opportunités commerciales qui émergeaient soudainement de ce nouveau marché international. Avec une surface totale de 2.3 millions d’hectares réservés à l’agriculture biologique, le Chine arrive en 2ème place des pays producteurs de bio derrière l’Australie (12.3 millions d’hectares).

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bio chine

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2 Le marché intérieur

La marché de consommation des aliments biologiques reste très restreint et en est encore à ses balbutiements. Ce constat s’explique par :

  • Le manque d’information des consommateurs. Les consommateurs chinois soir n’ont aucune connaissance de ces produits, soit confondent les différents labels verts présents en Chine.
  • Le niveau de vie de la population. Le marché des produits biologiques est un marché de niche. La consommation se limite aux principaux grands centres urbains du pays : Pékin, Shanghai et Canton. La classe moyenne émergente, plus aisée et plus sensible aux nouveaux modes de consommation, représente actuellement la principale cible du marché. Les expatriés constituent également une bonne part des consommateurs de produits biologiques. Ces derniers vont se fournir dans les supermarchés internationaux où les produits ne sont pas labellisés à la certification chinoise mais uniquement par leur pays d’origine (ex : Jenny Lou, Cityshop).
  • Les consommateurs informés et aux salaires élevés sont de plus en plus sensibles aux questions de sécurité alimentaire et cherchent à consommer moins d’aliments d’une salubrité douteuse. Cependant, il est à noter qu’en général, l’utilisation de produits chimiques dans l’agriculture n’inquiète pas les consommateurs chinois au point de les faire adopter les aliments dits biologiques. D’autant plus que dans la plupart des consommateurs chinois estiment que les aliments produits de façon plus sûre répondent bien à cette demande pour un tarif plus avantageux.

Le marché des produits bio touche essentiellement les produits agro-alimentaires mais aussi le secteur de la cosmétique et du textile.

 

3 Les zones de production

Les zones d’agriculture biologique son principalement concentrées dans les cinq provinces du Nord de la chine (Mongolie intérieure, Heilongjiang, Jilian et Liaoning) ainsi que dans six régions du Sud et de l’Est (Jiangsu, Jiangxi, Fujian, Shandong, Hubei, Yunnan). Il est difficile de trouver des productions Bio en Chine, nous explique le fondateur de epermarket.com, mais c’est possible.

bio Shanghai

 

2-La gestion de la production biologique

 

1 Les exploitations agricoles bio

Les exploitations biologiques sont généralement de petite taille avec capacité de production limitée. La plupart des entreprises n’ont pas les moyens d’investir suffisamment pour développer davantage leur base de production biologique ou pour préparer leurs produits pour le marché du point de vue de la transformation et du conditionnement.(via)
Il existe trois types d’exploitations :

  • Les fermes d’Etat : elles sont principalement tournées vers le marché domestique. La production biologique ne constitue qu’une infime partie de leur production globale.
  • Les sociétés privées chinoises : elles se consacrent en majorité à la production biologique tout en maintenant parallèlement une agriculture conventionnelle.
  • Les sociétés privées internationales : elles ont initialement été créées pour cibler le marché international et les grandes agglomérations chinoises telles que Shanghai ou Pékin, où se trouvent les consommateurs les plus sensibilisé au bio.

 

2 Les réseaux de distribution

Les supermarchés et les magasins spécialisés présents dans les grands centres urbains. Ils constituent le principal lieu d’achat pour les consommateurs individuels. Les réseaux de la grande distribution sont alimentés via des ventes directes avec les producteurs. Carrefour fut le premier hypermarché à avoir proposé la vente de produits organiques en Chine.

Les organisations publiques et gouvernementales. Ce segment est particulièrement important pour l’achat de « cadeaux d’affaires ». Ce réseau est alimenté principalement via la vente directe, ou via certains distributeurs spécialisés. Les sociétés qui fournissent ces organisations d’Etat se consacrent généralement uniquement à ce segment de marché.

Les ventes directes et ventes en ligne. Ces deux types de ventes restent assez marginaux. Ils participent à une stratégie de communication globale des entreprises globale des entreprises qui souhaitent améliorer leur visibilité et leur crédibilité auprès des consommateurs.

 

3 Aides financières

Le gouvernement central n’a pas mis en place un soutien financier spécifique pour soutenir la filière bio. Les aides sont généralement attribués localement en fonction des provinces et des zones concernées. Ainsi, il n’est pas rare que les autorités locales prennent à leur charge les trais de certification. Les pouvoirs locaux sont particulièrement concernés par le devenir de ces exploitations car elles sont créatrices d’emplois stables et véhiculent une image plus responsable de la localité.

 

 

3-La certification

 

1 Les différents labels verts en Chine

Le label « wugonghai » ou « produits agricoles sans nocivité ». Ce label concerne les productions agricoles non transformées. Crée en 2001, cette norme est constituée autour de garanties basiques centrées sur le produit final : limite de certains éléments chimiques dans le produit final (métaux …), limite des résidus dans le produit final, apparence du produit (longueur du pétiole, goût, maladies, zones abîmées, pourritures, taille…)

Le label « Lüsse shipin »ou produits verts. Le concept de label vert a été développé dès le début des années 1990 par le MOA avec la création du China Green Food Development Center (CGFDC), organisme dépendant du MOA. Celui-ci est chargé de la création des normes ainsi que de la certification des entreprises. A la différence du label « produit sans nocivité », le label vert certifié également des produits alimentaires ayant subi une transformation secondaire. Il est principalement accordé à des entreprises agroalimentaires. Le label comprend en fait deux niveaux notés A et AA. Le niveau A apporte des garanties sur la protection de l’environnement (sol, air, eau), le modèle de production (pesticides, engrais, médicaments vétérinaires, alimentation anima, additifs), le produit final (résidus, métaux, composition, aspect, qualité nutritionnelle). Il correspond dans la pratique à la quasi-totalité des produits certifiés (97%). Le niveau AA est quant à lui très proche d’un label d’agriculture biologique.

Le label biologique « Youji shipin». La labellisation biologique a été introduite en Chine par des certificateurs étrangers et à destination des marchés export. Cette labellisation a rapidement été suivie par des initiatives locales. En plus des deux labels précédemment présentés, développés par le MOA et fondés sur des normes locales bénéficiant d’une faible reconnaissance internationale, s’est développé dès le début des années quatre vingt-dix, le concept d’agriculture biologique au sens international du terme. Principales différences avec les deux labels précédents, les intrants chimiques sont proscrits et une période de conversion est obligatoire (en moyenne 2 à 3 ans).

Le premier produit certifié en 1990, un thé de la province du Zhejiang, était destiné à l’export. Cette certification a été réalisée, sous l’impulsion d’un importateur des Pays-Bas, le SKAL, organisme certificateur des Pays-Bas.

 

2 Les agences de certification chinoise

OFDC : La création du premier certificateur chinois a été réalisée à l’initiative de l’Administration d’Etat pour la protection de l’environnement. Ce centre, aujourd’hui appelé Organic Food Development Center (OFDC) a été établi en 1994. Il a été accrédité en 2002 par l’International Federationf of Organic agriculture Movements (IFOAM).

OTRDC : Le second certificateur, Organic tea Research and Development Center (OTRDC), a été créé en mars 1999. Il s’agit à l’origine d’une branche de l’OFDV spécialisée dans la certification du thé.

COFCC : le China Organic Food Certification Center, créé en 2002 par le MOA, reprend le concept du label vert AA ui avait mal fonctionné pour cause de confusion avec le label vert A aux contraintes de production bien moins contraignantes.

On estime que ces 3 agences (sur 26 agences de certifications chinoises) détiennent à elles seules plus de 70% du marché à la certification en Chine.

 

3 la procédure de certification

La majorité des pays importateurs de produits biologiques venant de Chine ne reconnaissent pas le label chinois. Les produits dédiés à l’export doivent donc faire l’objet d’une certification auprès des organismes étrangers cités ci-dessus.

En réponses à cette restriction, les agences de certifications internationales ainsi que les produits étrangers importés en Chine doivent également faire l’objet d’un certain nombre de contrôles. Ainsi les labels bio étrangers ne sont pas reconnus par les autorités chinoises. Les produits importés doivent suivre la procédure de certification des labels bio chinois. La procédure de certification exige que soit examiné non seulement les produits finis mais aussi les matières premières ayant permis de faire ces produits finis, ainsi que le site de production. Les coûts de ces démarches s’élèvent en moyenne à 50k RMB. Ainsi la plupart des entreprises étrangères exportatrices choisissent de ne pas se soumettre à la certification chinoise et travaillent vie des réseaux de distribution visant une clientèle majoritairement expatriée.
Cependant, la certification d’origine restant visible sur le packaging de la plupart des produits bio importés, certains labels étrangers comme AB ou USD A commencent à se faire connaître parmi les consommateurs chinois les plus avertis.

 

 

Conclusion

En quelques années la Chine s’est faite une place parmi le pays producteurs en agriculture biologique, notamment grâce à ses productions de thés ; de fruits et de légumes. La Chine pourrait devenir un grand pays de production bio, si elle parvient à relever les défis que cela implique en termes de technologie agraire, de protection de l’environnement, et de crédibilité des systèmes règlementaires.

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La qualité du bio et de l’alimentation dépend beaucoup de la qualité du consommateur. Le pouvoir de consommer est, dans une société de consommation, « Le » pouvoir de l’individu. Ce pouvoir doit être utilisé.

Il faut faire l’effort de s’informer réellement et d’utiliser son pouvoir d’achat pour approuver ou sanctionner les produits et les démarches. Être un consommateur engagé demande un réel effort, mais c’est le plus sûr moyen de participé au développement d’une offre de qualité.

Une agriculture biologique de qualité exige beaucoup de travail, une vraie prise de risque, pour un résultat qui n’est pas toujours rémunérateur. L’engagement du consommateur est finalement le maillon central d’une chaîne de réussite, dans laquelle l’effort est rémunéré, à juste titre.

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Marketing Chine